Voici les 100 choses à savoir avant de partir : les formalités à jour, les vraies astuces de terrain, les codes à ne pas froisser et une bonne dose d'anecdotes à raconter au retour. Quand le site lui consacre un guide détaillé, chaque point y renvoie.
Informations vérifiées le 16 octobre 2026 auprès des sources officielles, nouvelles règles de 2025 et 2026 comprises. Les règles d'entrée changent souvent : revérifiez-les avant de réserver. Cet article contient deux liens partenaires, signalés comme tels.
Avant de partir : visas, formalités, itinéraire
Bonne nouvelle : Français, Belges, Suisses et Luxembourgeois entrent sans visa pour 45 jours, et les Canadiens obtiennent un e-visa en trois jours ouvrés.
1. Français, Belges, Suisses, Luxembourgeois : 45 jours sans visa
Depuis le 15 août 2025, les Belges, les Suisses et les Luxembourgeois ont rejoint les Français : 45 jours sur place, sans visa et sans frais. L'exemption court jusqu'au 14 mars 2028 pour la France et jusqu'au 14 août 2028 pour les trois autres pays. Nuance : pour les Belges, les Suisses et les Luxembourgeois, elle ne couvre que le tourisme, et un voyage d'affaires demande un e-visa. Le détail par nationalité tient en une page : France, Belgique, Suisse ou Luxembourg.
Votre passeport doit être valide au moins six mois à la date d'entrée. La loi n'exige pas de billet de sortie, mais la compagnie aérienne peut en demander un à l'enregistrement : gardez une réservation de vol ou de bus vers un pays voisin. Les 45 jours comptent le jour d'arrivée et celui du départ : arrivé le 1er mars, vous repartez au plus tard le 14 avril.
C'est la date inscrite dans votre passeport qui fait foi. Tout dépassement se paie, et plus cher depuis le 15 décembre 2025 : de 500 000 à 2 millions de dongs (17 à 70 €) sous 16 jours de retard, de 5 à 10 millions entre 16 et 29 jours, jusqu'à 40 millions au-delà d'un an, avec expulsion possible. Une enquête administrative peut aussi vous retenir plusieurs semaines sur place.
2. Canadiens (et tous les autres) : l'e-visa en ligne
Les Canadiens, comme la plupart des autres nationalités, demandent un visa électronique avant le départ (la règle pour les Canadiens). Il coûte 25 USD en entrée simple ou 50 USD en entrées multiples et couvre jusqu'à 90 jours. Le délai légal est de trois jours ouvrés, mais aucun courriel ne vous apporte le visa : notez votre code de dossier, puis téléchargez et imprimez le PDF sur le portail. Les frais ne sont pas remboursés en cas de refus, d'où l'intérêt de suivre le pas-à-pas de l'e-visa.
Choisissez avec soin vos aéroports d'arrivée et de départ, et tenez-vous-y. Prévoyez deux à trois semaines de marge autour du Têt et des vacances. Et ne comptez pas sur une prolongation sur place : la France la dit impossible, et la loi ne l'ouvre que par un parrain vietnamien (entreprise, agence, famille).
L'e-visa est aussi la solution pour un Européen qui reste plus de 45 jours, ou pour le Belge, le Suisse ou le Luxembourgeois qui voyage pour affaires. Pour un aller-retour au Cambodge ou au Laos, en revanche, inutile : chaque nouvelle entrée ouvre 45 nouveaux jours sans visa, sans délai d'attente.
3. Le piège des faux sites de visa
Des dizaines de sites imitent le portail officiel et facturent le même e-visa jusqu'à cinq fois plus cher. Les seules adresses gouvernementales se terminent en .gov.vn : evisa.gov.vn ou thithucdientu.gov.vn, qui mènent au même portail depuis novembre 2024. Tapez l'adresse vous-même plutôt que de cliquer sur une annonce sponsorisée, et apprenez à reconnaître les sites qui se font passer pour officiels.
4. Phu Quoc, l'exception qui confirme la règle
L'île de Phu Quoc accorde 30 jours sans visa à toutes les nationalités, Canadiens compris. Condition : arriver de l'étranger, directement à l'aéroport ou au port de l'île, ou en correspondance dans un autre aéroport international du pays sans passer l'immigration. Faites confirmer ce transit par votre compagnie : une correspondance vers un vol intérieur passe souvent par le contrôle des passeports.
Et restez sur l'île : pour rejoindre le continent, il faut un visa, qui ne se demande plus en ligne une fois sur place. Parfait pour des vacances 100 % plage, inutile si vous visitez le reste du pays. Les conditions de l'exemption de Phu Quoc ont leurs subtilités.
5. Le formulaire d'arrivée en ligne (et ce qui ne passe pas la douane)
Depuis avril 2026, l'immigration invite les voyageurs étrangers à remplir en ligne, dans les 72 heures avant l'arrivée, un formulaire gratuit sur prearrival.immigration.gov.vn. Il concerne Hô Chi Minh-Ville, Phu Quoc, Hanoï, Da Nang et Cam Ranh. Officiellement, il n'est pas encore obligatoire, mais compagnies et ambassades le présentent comme tel : remplissez-le. Le QR code obtenu ouvre une file plus rapide. Il ne remplace pas un visa, et de faux sites le font déjà payer.
Au-delà de 5 000 USD (ou l'équivalent) ou de 15 millions de dongs en liquide, et dès 300 g d'or, la déclaration en douane est obligatoire. Un oubli peut coûter jusqu'à 50 millions de dongs depuis juillet 2026. L'alcool et le tabac ont leurs propres franchises, et la cigarette électronique est tout simplement interdite (point 57). Pour le reste, de la passerelle au taxi, voyez le guide de l'arrivée à l'aéroport.
6. L'assurance voyage n'est pas obligatoire, mais indispensable
Le Vietnam n'exige pas d'assurance, mais une hospitalisation en clinique internationale ou un rapatriement se chiffrent vite en milliers d'euros. Vérifiez deux clauses : la conduite d'un deux-roues, souvent exclue sans permis valable (point 32), et l'assistance rapatriement. Pour comparer les contrats, le guide de l'assurance voyage du site fait le tri.
Assurance voyage Heymondo. Frais médicaux, rapatriement et assistance 24 h/24, avec une réduction appliquée automatiquement en passant par ce lien. Lien partenaire : le site touche une commission, sans surcoût pour vous.
Inscrivez-vous aussi auprès de votre pays : Ariane (France), Travellers Online (Belgique), Travel Admin (Suisse), Lëtzebuerger am Ausland sur MyGuichet.lu (Luxembourg) ou l'Inscription des Canadiens à l'étranger.
7. Un pays de 1 650 km tout en longueur
Du nord au sud, le Vietnam s'étire sur 1 650 km, pour à peine 50 km de large à son point le plus étroit et 3 260 km de côtes. Résultat : trois climats, trois cuisines, trois ambiances. Pensez votre voyage en régions (Nord, Centre, Sud) plutôt qu'en liste de villes, carte du Vietnam en main.
8. Quinze jours en avion, trois semaines en douceur
Avec 15 jours, le grand nord-sud reste possible, à condition de prendre l'avion entre les régions ; avec trois semaines, il devient confortable. Un itinéraire type de 15 jours : Hanoï (3 nuits), Ninh Binh (2), baie de Lan Ha ou d'Ha Long (2), vol vers Hué (2), route vers Hoi An (3), puis vol de Da Nang vers Hô Chi Minh-Ville et le delta du Mékong (3). Avec trois semaines, ajoutez les montagnes du Nord ou une île.
L'erreur classique ? Vouloir tout voir en dix jours, et passer ses vacances dans les transports.
9. L'astuce « open-jaw » qui fait gagner une journée
Réservez un aller vers Hanoï et un retour depuis Hô Chi Minh-Ville (ou l'inverse) : vous évitez de revenir sur vos pas. Depuis Paris, Vietnam Airlines relie les deux villes sans escale, Air France seulement Hô Chi Minh-Ville : comptez 12 à 13 heures de vol. Depuis Montréal, comptez au moins une escale, en attendant les premiers vols directs annoncés par Air Canada pour 2027. Les vols intérieurs, nombreux et bon marché, font le reste (point 35 et carte des aéroports). Avec un e-visa, indiquez les bons aéroports d'arrivée et de départ.
10. La carte a changé en 2025 : 63 provinces sont devenues 34
Le 1er juillet 2025, le Vietnam a fusionné ses 63 provinces en 34 et supprimé l'échelon des districts. Hoi An dépend désormais de Da Nang, Phong Nha de Quang Tri, Ha Giang de Tuyen Quang, Quy Nhon de Gia Lai, Mui Ne et Dalat de Lam Dong, Phu Quoc, devenue « zone spéciale », d'An Giang, et Vung Tau fait partie de Hô Chi Minh-Ville.
Les anciens noms restent dans l'usage courant, mais les adresses ont changé (point 45). Vérifiez celles de vos hôtels sur la confirmation de réservation et dans Google Maps.
11. Décalage horaire : +5 h ou +6 h depuis Paris
Le Vietnam vit à l'heure UTC+7, sans changement d'heure. Comptez +5 h depuis Paris, Bruxelles ou Genève en été et +6 h en hiver ; +11 h depuis Montréal en été et +12 h en hiver. Arrivé le matin, tenez jusqu'au soir : un bol de phở et une marche autour d'un lac valent mieux qu'une longue sieste.
Quand partir : saisons, fêtes et typhons
Il n'existe pas une bonne saison pour tout le Vietnam, mais il y a toujours une région au beau fixe.
12. Trois climats pour un seul pays
Le Nord connaît de vraies saisons, le Centre une saison des pluies décalée en automne, et le Sud alterne saison sèche et saison humide. Le climat mois par mois est détaillé sur la page quand partir au Vietnam.
| Région | Meilleure période | À savoir |
|---|---|---|
| Nord (Hanoï, Ha Long, Ninh Binh, Sapa) | Octobre à décembre, mars à mai | Hiver frais et gris de décembre à février, souvent entre 10 et 20 °C à Hanoï et proche de 0 °C à Sapa certaines nuits ; été chaud et orageux, avec des typhons possibles de juillet à septembre, qui font annuler les croisières |
| Centre (Hué, Hoi An, Da Nang) | Février à août | Pluies, typhons et crues de septembre à décembre |
| Sud (Hô Chi Minh-Ville, Mékong, Phu Quoc) | Décembre à avril | Saison des pluies de mai à novembre, avec de grosses averses souvent en fin de journée |
| Hauts plateaux (Dalat) | Décembre à mars | Doux toute l'année, autour de 18 °C en moyenne |
13. Il y a toujours une plage au soleil quelque part
De février à août, filez sur la côte centrale : Da Nang, Hoi An, Quy Nhon ou Nha Trang. De novembre à avril, c'est au tour de Phu Quoc et de Mui Ne, où le vent fait aussi le bonheur des kitesurfeurs. La carte des plages, mois par mois aide à choisir.
En décembre, on peut ainsi naviguer dans la brume de la baie d'Ha Long et bronzer à Phu Quoc une semaine plus tard.
14. Septembre à décembre : la saison des crues au Centre
Entre septembre et décembre, et surtout en octobre-novembre, typhons et pluies diluviennes frappent la côte centrale. La vieille ville de Hoi An est inondée presque chaque année : les habitants montent marchandises et meubles à l'étage, et des repères sur les façades rappellent la hauteur des grandes crues. Fin octobre 2025, la rivière Thu Bồn a même dépassé le record de 1964.
Gardez des jours tampons, privilégiez les réservations annulables et suivez les alertes météo (l'application Windy est précieuse).
15. Le Têt, la fête qui met le pays sur pause
Le Nouvel An lunaire est la fête la plus importante du pays : en 2027, le premier jour du Têt tombe le 6 février, et administrations et bureaux fermeront du 4 au 10 février. Pendant une semaine environ, de nombreux commerces familiaux ferment, trains, bus et avions affichent complet et les prix grimpent.
En échange, les villes se couvrent de fleurs de pêcher au Nord et d'abricotier jaune au Sud. L'idéal : arriver quelques jours après le Têt, quand le pays redémarre dans une ambiance encore festive.
Au passage, 2027 sera l'année de la Chèvre. Le zodiaque vietnamien ressemble au chinois, à deux différences près : le Chat remplace le Lapin, et le Buffle remplace le Bœuf.
16. Les autres pics à anticiper
Les longs week-ends jettent des millions de Vietnamiens sur les routes et les plages. En 2027 : la fête des rois Hùng (du 16 au 18 avril), la Réunification et le 1er mai (du 30 avril au 3 mai) et la fête nationale (du 2 au 5 septembre). Ajoutez les vacances scolaires d'été, de juin à août, et un jour férié tout neuf : depuis 2026, le 24 novembre, Journée de la culture vietnamienne, est chômé. À ces dates, réservez transports et hôtels tôt, surtout en bord de mer ; le calendrier des jours fériés et fermetures aide à planifier.
17. Le calendrier lunaire, votre meilleur agenda de fêtes
Les grandes fêtes suivent le calendrier lunaire, donc leurs dates changent chaque année : le calendrier des fêtes les donne mois par mois. La fête de la Mi-Automne (Tết Trung Thu), entre début septembre et début octobre (le 15 septembre en 2027), remplit les rues de lanternes et de gâteaux de lune ; à Hanoï, la rue Hàng Mã devient un tunnel de lumières.
Et chaque mois, le 14e jour du mois lunaire, veille de la pleine lune, la vieille ville de Hoi An baisse ses lumières électriques et ne vit plus qu'à la lueur des lanternes.
Argent et budget
Le Vietnam reste l'une des destinations les moins chères d'Asie, à condition de maîtriser ses zéros : en octobre 2026, 1 € vaut environ 29 000 dongs.
18. Vous serez millionnaire dès le premier retrait
La monnaie est le dong (VND), avec des billets de 1 000 à 500 000 dongs. Les pièces ne sont plus émises depuis 2011 et ne circulent pratiquement plus, et chaque billet porte le portrait de Hô Chi Minh.
Retirez 3 millions au distributeur : vous voilà millionnaire, pour une centaine d'euros.
19. Le calcul mental qui sauve : enlevez quatre zéros, divisez par trois
Avec 1 € à environ 29 000 VND, retirez quatre zéros et divisez par trois : 100 000 VND font environ 3,40 €, et 500 000 VND environ 17 €. Le résultat est un peu sous-estimé, mais il suffit pour juger un prix. Le franc suisse vaut un peu plus que l'euro : 100 000 VND font environ 3,20 CHF.
Pour les Canadiens, 1 $ CA vaut environ 18 300 VND : retirez quatre zéros, divisez par deux et ajoutez 10 %. 100 000 VND font donc environ 5,50 $.
20. Le piège des billets jumeaux
Les billets de 20 000 et de 500 000 sont tous deux bleutés, et ceux de 10 000 (jaune brun) et de 200 000 (brun rouge) se confondent aussi dans la pénombre d'un taxi. Méfiez-vous encore des zéros : 20 000 et 200 000, 50 000 et 500 000 se ressemblent au premier coup d'œil.
Rangez vos billets par valeur et comptez-les à voix haute en payant. Et cassez dans une supérette ou à l'hôtel les billets de 500 000 que crachent les distributeurs : un vendeur de rue a rarement la monnaie.
21. « 50k » : lire un prix vietnamien
Les prix s'écrivent souvent sans les trois derniers zéros : « 50k », voire « 50 » sur un menu, signifie 50 000 dongs. À l'oral, mille se dit « nghìn » au Nord et « ngàn » au Sud. Dans le doute, faites taper le montant sur une calculette ou un téléphone, une habitude qui sert aussi pour commander et payer au restaurant.
22. Distributeurs : moins de retraits, mais plus gros
La plupart des distributeurs facturent 20 000 à 60 000 VND par retrait aux cartes étrangères, avec un plafond de 2 à 5 millions par opération. VPBank est souvent citée comme gratuite pour les cartes étrangères, avec un plafond plus élevé : la banque ne publie pas ce tarif, vérifiez toujours le message à l'écran. Les frais des banques et distributeurs changent souvent.
Si l'automate propose une « conversion », refusez et faites-vous débiter en dongs : le taux de votre banque sera meilleur. Emportez deux cartes de réseaux différents, retirez de préférence dans une agence bancaire aux heures d'ouverture, et pensez à une carte sans frais à l'étranger, type néobanque : elle s'amortit vite.
23. Où changer ses euros
Apportez quelques billets d'euros ou de dollars en parfait état : les billets pliés, tachés ou déchirés sont souvent refusés. Banques et bureaux agréés changent sans difficulté.
Dans les quartiers commerçants, les bijouteries (tiệm vàng) affichent souvent de bons taux, mais seules les banques et les comptoirs agréés ont le droit de changer des devises. Le client aussi risque gros ailleurs : un avertissement sous 1 000 USD, puis 10 à 20 millions de dongs d'amende et la confiscation des billets. Demandez si le comptoir est agréé et gardez le reçu. À l'aéroport, changez juste de quoi payer votre premier trajet.
24. Carte, liquide ou QR code ?
Hôtels, centres commerciaux et restaurants des grandes villes acceptent Visa et Mastercard, souvent avec 2 à 3 % de frais. Mais la street food, les marchés et les petites villes vivent en espèces.
Les Vietnamiens, eux, paient presque tout par QR code bancaire (VietQR). Les visiteurs venus de Chine, de Corée du Sud, de Thaïlande, du Laos, du Cambodge et de Singapour les scannent déjà avec l'application de leur banque, et Mastercard déploie un service pour les régler avec sa carte. Pour un Européen ou un Canadien, gardez toujours du liquide en réserve.
25. Le marchandage, un sport qui se joue avec le sourire
Dans les marchés et les boutiques de souvenirs, le premier prix est une invitation à négocier : proposez la moitié et retrouvez-vous à mi-chemin. On ne marchande pas au restaurant, au supermarché, dans les boutiques à prix affichés ni sur Grab.
Restez souriant, et ne vous acharnez pas pour 5 000 dongs, soit moins de 20 centimes.
26. Pourboires et prix « ++ »
Le pourboire n'est pas obligatoire, mais il est apprécié dans le tourisme. À titre indicatif : 100 000 à 200 000 VND par jour et par voyageur pour un guide, un peu moins pour un chauffeur, quelques billets pour un masseur.
Sur les cartes des restaurants chics, « ++ » signifie que le service (souvent 5 %, parfois 10 %) et la TVA s'ajoutent au prix affiché. La TVA est réduite à 8 % jusqu'au 31 décembre 2026, puis doit remonter à 10 %.
27. Combien prévoir ? Les prix de 2026
Hors vols internationaux, comptez environ 30 à 40 € par jour en mode routard, 60 à 100 € en confort, et 150 € ou plus en version luxe. Bonne nouvelle pour le Sud : en saison des pluies, de mai à octobre, les prix des hôtels baissent. Le guide du budget détaille les coûts poste par poste.
| Dépense | Fourchette indicative | En euros |
|---|---|---|
| Bánh mì dans la rue | 20 000 à 40 000 VND | 0,70 à 1,40 € |
| Bol de phở | 40 000 à 80 000 VND | 1,40 à 2,80 € |
| Café glacé au lait (cà phê sữa đá) | 20 000 à 50 000 VND | 0,70 à 1,70 € |
| Verre de bia hơi | 10 000 à 20 000 VND | 0,35 à 0,70 € |
| Course GrabBike de 3 km | 15 000 à 30 000 VND | 0,50 à 1 € |
| Voiture Grab, aéroport de Noi Bai au Vieux Quartier de Hanoï | 280 000 à 400 000 VND | 10 à 14 € |
| Massage d'une heure | 200 000 à 450 000 VND | 7 à 15,50 € |
| Chambre double en guesthouse | 300 000 à 700 000 VND | 10 à 24 € |
| Hôtel de charme 3 ou 4 étoiles | 800 000 à 2 000 000 VND | 28 à 69 € |
| Vol intérieur (aller simple) | 700 000 à 2 500 000 VND | 24 à 86 € |
Ordres de grandeur indicatifs, plus élevés dans les quartiers touristiques et à Hô Chi Minh-Ville.
Se déplacer
Au Vietnam, le trajet fait partie du voyage : scooters par millions, trains-couchettes, bus à cabines et vols à prix doux.
28. Traverser la rue : la règle d'or
Avancez lentement, d'un pas régulier, sans courir ni reculer : les scooters vous contournent comme l'eau autour d'un rocher. Ils anticipent votre trajectoire, pas vos hésitations. C'est toute la technique pour traverser la rue.
Méfiez-vous en revanche des voitures et des bus, qui ne s'écartent pas. Et regardez des deux côtés, même dans une rue à sens unique : des motos y roulent à contresens, et parfois sur le trottoir.
29. Bienvenue au royaume du deux-roues
Le Vietnam compte plus de 80 millions de deux-roues immatriculés, pour un peu plus de 100 millions d'habitants. Hanoï à elle seule en recense près de 7 millions. On y transporte une famille de quatre, un réfrigérateur ou une vitre de deux mètres : la circulation est un spectacle en soi.
Le klaxon n'y est pas une insulte : il signifie simplement « je suis là ».
30. Grab, Be, Xanh SM, et les vrais taxis
Les applications Grab et Be, ainsi que Xanh SM et sa flotte 100 % électrique, qui a même dépassé Grab en 2025 sur le marché des taxis par application, affichent le prix avant la course : fini la négociation. Choisissez une voiture ou une moto-taxi, payez en liquide ou par carte, et le chauffeur vous fournit un casque. Le mode d'emploi de Grab au Vietnam détaille les villes couvertes ; sur les longs trajets, comparez les applications, car les écarts de prix sont fréquents aux heures de pointe.
Si vous hélez un taxi, préférez les grandes compagnies comme Mai Linh (vert) ou Vinasun (blanc), et exigez le compteur. Méfiez-vous des sosies : même couleur, logo presque identique, compteur trafiqué. À l'aéroport de Noi Bai, de faux chauffeurs ont déjà détroussé des voyageurs : passez par la file officielle ou par une application.
31. Montez toujours à moto par la gauche
Le pot d'échappement est à droite, et la brûlure au mollet est si fréquente chez les touristes qu'on la surnomme parfois le « tatouage vietnamien ». Montez et descendez par la gauche, gardez les jambes contre la moto et attachez la jugulaire du casque, obligatoire pour tous. Les casques vendus sur place sont de qualité inégale : si vous comptez rouler souvent, apportez le vôtre.
32. Louer un scooter : ce que dit vraiment la loi
Pour conduire légalement un deux-roues de plus de 50 cm³, il faut le permis moto de votre pays (A1, A2 ou A), accompagné d'un permis international au format de la convention de Vienne de 1968. Le permis international français, valable trois ans, remplit cette condition, tout comme le suisse ; le belge, valable trois ans, aussi en principe. Les permis internationaux canadiens, établis selon la convention de 1949, ne sont plus reconnus depuis mars 2025.
Un permis voiture seul ne suffit pas, même avec la formation de 7 heures, qui ne vaut qu'en France. Les loueurs ne vérifient presque jamais, la police si : comptez 2 à 4 millions de dongs d'amende, et la moto peut être immobilisée. Surtout, votre assurance refusera très probablement de payer en cas d'accident. Seule exception : les cyclomoteurs de 50 cm³ au plus, qui se conduisent sans permis. Avant de louer une moto, faites donc le point sur vos papiers.
33. Zéro alcool au guidon
Au Vietnam, le taux d'alcool autorisé au volant comme au guidon est de zéro, et les contrôles de police sont fréquents. À moto, l'amende va de 2 à 10 millions de dongs selon le taux, même après une seule bière, avec retrait de points ou du permis. Après une soirée bia hơi, rentrez en Grab. Les autres règles de conduite au Vietnam sont tout aussi strictes sur le papier.
34. Hanoï se met à l'électrique
Depuis le 1er juillet 2026, Hanoï teste une zone à faibles émissions autour du lac Hoan Kiem. Pour le visiteur, la mesure la plus visible est simple : les vendredis, samedis et dimanches, de 19 h à minuit, une douzaine de rues autour du lac et du marché de nuit du Vieux Quartier sont fermées à tous les véhicules, motos comprises. Les autocars de plus de 16 places sont aussi bannis du Vieux Quartier aux heures de pointe. Les scooters à essence des particuliers, eux, circulent encore librement le reste du temps.
Jusqu'au 30 juin 2027, les bus publics sont gratuits pour les trajets à l'intérieur de la première ceinture périphérique. La ville prévoit d'étendre la zone dès 2027, puis à toute la première ceinture : attendez-vous à croiser de plus en plus de scooters et de taxis électriques.
35. Vols intérieurs : rapides et bon marché
Hanoï–Hô Chi Minh-Ville se fait en un peu plus de deux heures de vol, sur l'une des lignes intérieures les plus fréquentées au monde, souvent pour quelques dizaines d'euros réservés à l'avance. Vietnam Airlines est la compagnie nationale ; Vietjet, la grande low-cost locale, a des horaires qui bougent souvent. Vérifiez la franchise bagages, rarement incluse dans les petits tarifs : le comparatif Vietjet ou Vietnam Airlines fait le point. À Hô Chi Minh-Ville, les vols intérieurs de Vietnam Airlines partent du nouveau terminal T3 de Tân Sơn Nhất, ceux de Vietjet du T1 : vérifiez avant de partir.
À noter : le nouvel aéroport de Long Thanh (code LTH), à une quarantaine de kilomètres à l'est de Hô Chi Minh-Ville, devrait ouvrir aux vols commerciaux en décembre 2026, une date encore susceptible de glisser. Le plan proposé par son exploitant y transfère tous les vols long-courriers, dont ceux vers l'Europe et les Amériques, à partir de fin mars 2027 : vérifiez bien le code de l'aéroport sur votre billet (SGN ou LTH).
36. Batteries externes : les nouvelles règles en avion
Depuis le 1er juillet 2026, l'aviation civile vietnamienne encadre strictement les batteries externes à bord : deux au maximum par passager, en cabine uniquement et jamais en soute, de 100 Wh au plus (jusqu'à 160 Wh avec l'accord de la compagnie). Interdiction de les utiliser ou de recharger un appareil avec pendant le vol. Gardez-les à portée de main plutôt qu'au fond du coffre à bagages, et relisez les règles de bagages de Vietnam Airlines avant de boucler votre sac.
37. Le train de la Réunification, un voyage dans le voyage
La ligne Hanoï–Hô Chi Minh-Ville parcourt 1 726 km en 33 heures environ pour le train le plus rapide, et jusqu'à 39 heures pour les plus lents. Inutile de tout faire d'une traite : le tronçon Hué–Da Nang, qui longe la mer au pied du col des Nuages, compte parmi les plus beaux trajets ferroviaires d'Asie. Réservez une couchette « soft sleeper » à quatre places sur le site officiel dsvn.vn, qui accepte les cartes étrangères, ou via une agence ; le guide du Vietnam en train fait le reste.
Pour la suite, le Vietnam a approuvé fin 2024 une ligne à grande vitesse nord-sud conçue pour 350 km/h, avec une mise en service visée vers 2035. Le chantier, lui, n'a pas encore commencé.
38. Bus-couchettes, « limousines » et distances trompeuses
Les bus de nuit à couchettes, voire à cabines individuelles, relient les grandes étapes pour une poignée d'euros ; on y retire ses chaussures en montant. Sur les trajets courts (Hanoï–Ninh Binh, Hanoï–Ha Long), les minibus « limousine » de 9 à 11 places sont plus confortables. Réservez via VeXeRe ou 12Go, et emportez une petite laine : la climatisation y est souvent polaire.
Sur les routes nationales, la moyenne dépasse rarement 40 à 50 km/h, entre villages, camions et travaux. Comptez cinq heures et demie à six heures pour Hanoï–Sapa par l'autoroute, et deux heures et demie pour Hanoï–Ha Long. En montagne, préférez les compagnies réputées et les trajets de jour : après plusieurs accidents graves, le gouvernement envisage d'interdire les cars-couchettes à deux étages sur les petites routes de col. Prévoyez des journées de transport légères, pas des marathons.
39. La voiture avec chauffeur, le confort à prix doux
Pour une famille ou un petit groupe, la voiture avec chauffeur change le voyage : on s'arrête où l'on veut, et quelqu'un d'autre affronte la circulation. Comptez environ 1,2 à 1,5 million de dongs (40 à 50 €) la journée en berline autour d'une ville, et 1,4 à 1,8 million (50 à 60 €) pour relier Hué à Hoi An par le col des Nuages. Sur plusieurs jours, l'hébergement du chauffeur s'ajoute, ou figure au devis.
Un tarif 30 % sous le marché n'est pas une affaire : il cache souvent une voiture mal assurée ou des suppléments surprises. Faites préciser par écrit ce qui est inclus (carburant, péages, parkings).
40. Les métros, petite révolution urbaine
Hanoï exploite deux lignes de métro entièrement aériennes (la partie souterraine de la ligne 3, vers le centre, n'est pas attendue avant fin 2027), et Hô Chi Minh-Ville a inauguré sa première ligne en décembre 2024, de Ben Thanh à Suoi Tien. Rapides, climatisés et bon marché, ils servent surtout pour certains trajets, avec en prime une jolie vue sur la ville depuis les viaducs.
Téléphone, applis et vie pratique
Avec une carte SIM locale et cinq applications, le Vietnam devient (presque) simple.
41. Carte SIM ou eSIM : connectez-vous dès l'arrivée
Les comptoirs Viettel, Vinaphone et Mobifone attendent dans le hall des arrivées : comptez 5 à 12 € pour un mois de données, un peu plus cher à l'aéroport qu'en boutique. Le passeport est obligatoire : le vendeur le scanne et prend une photo de votre visage. Viettel offre la meilleure couverture en montagne.
Plus simple encore : achetez une eSIM avant de partir, elle s'active dès l'atterrissage. Le comparateur d'eSIM du site passe au crible plus de 400 forfaits et leurs réseaux.
eSIM Holafly. Données illimitées au Vietnam, installée avant le départ, sans passage au comptoir. Lien partenaire : le site touche une commission, sans surcoût pour vous.
42. Les cinq applications à installer avant de partir
Cinq applications suffisent pour presque tout :
- Grab (ou Be, Xanh SM) : voitures, motos-taxis et livraison de repas.
- Google Maps : itinéraires, avis et repérage des adresses vietnamiennes ; téléchargez la carte de votre région pour l'utiliser hors connexion.
- Google Traduction : téléchargez le vietnamien hors ligne et utilisez l'appareil photo pour déchiffrer les menus ; les autres applications de traduction ont chacune leurs atouts.
- Zalo : la messagerie que tout le monde utilise ; hôtes, guides et chauffeurs vous y contacteront.
- VeXeRe ou 12Go : billets de bus, de train et de ferry.
En bonus, Windy pour suivre les typhons et IQAir pour la qualité de l'air.
43. Internet : tout marche, ou presque
Le wifi est gratuit et rapide presque partout, du café au bus de nuit : demandez simplement « pass wifi ? ». WhatsApp, Instagram, Google et surtout Facebook, réseau social roi au Vietnam, fonctionnent normalement.
Telegram aussi, de nouveau : sur ordre des autorités, les opérateurs l'avaient bloqué du 25 mai au 10 juillet 2025. Restent filtrés de nombreux sites politiques et d'information, les jeux d'argent en ligne et beaucoup de sites pour adultes. Un VPN installé avant le départ ne sert guère qu'en cas de blocage soudain ou sur un wifi public.
44. Prises et voltage
Le courant est en 220 V et 50 Hz, et la plupart des prises acceptent à la fois les fiches plates et les fiches rondes. Les fiches françaises avec terre ne rentrent pas partout : un adaptateur universel reste le meilleur ami du voyageur.
Canadiens, vos fiches plates rentrent, mais vérifiez que vos appareils acceptent le 220 V (c'est le cas de la plupart des chargeurs). Le reste tient dans le guide des prises et de la tension électrique.
45. Lire une adresse vietnamienne
À Hanoï, « 5 ngách 12 ngõ 34 » signifie : maison n° 5, dans la ruelle n° 12, qui part de l'allée n° 34. À Hô Chi Minh-Ville, on écrit plutôt « 34/12/5 » : chaque barre oblique vous enfonce un peu plus dans le dédale des ruelles (hẻm).
Depuis la réforme de juillet 2025, les adresses officielles ne mentionnent plus d'arrondissement : l'ancien District 1 de Saïgon est ainsi réparti entre quatre nouveaux quartiers, dont Sài Gòn et Bến Thành. Les deux systèmes cohabitent encore sur les enseignes et les cartes de visite. Montrez l'adresse écrite au chauffeur et prévoyez de finir à pied : les plus belles adresses se cachent souvent au fond d'une ruelle.
46. Toilettes : le kit de survie
Les toilettes publiques sont rares, souvent payantes et sans papier : visez les cafés, les centres commerciaux et les hôtels, et retenez le mot magique, « nhà vệ sinh ». Gardez toujours des mouchoirs sur vous, et ne vous étonnez pas de la douchette posée à côté de la cuvette.
Dans les vieux bâtiments, le papier se jette souvent dans la poubelle plutôt que dans la cuvette, pour ne pas boucher les canalisations.
Santé et sécurité
Le Vietnam est un pays sûr, où les vrais risques s'appellent moustiques, circulation et petites arnaques.
47. Vaccins et trousse à pharmacie
Aucun vaccin n'est exigé à l'entrée pour un voyageur venant d'Europe ou du Canada ; si vous arrivez d'Afrique ou d'Amérique du Sud, emportez tout de même votre certificat de fièvre jaune. Mettez à jour diphtérie-tétanos-polio et rougeole, et pensez aux hépatites A et B et à la typhoïde ; pour un long séjour rural, l'encéphalite japonaise et la rage se discutent. Le paludisme ne subsiste que dans quelques zones forestières reculées, surtout à l'ouest de Nha Trang (Khánh Vĩnh) et le long des frontières du Laos et du Cambodge : pas de traitement préventif pour un circuit classique. Consultez un centre de vaccinations internationales quatre à six semaines avant le départ, et parcourez le guide santé et vaccins.
Dans la trousse : répulsif anti-moustiques, sels de réhydratation, paracétamol, pansements, et votre traitement habituel avec son ordonnance (point 49).
48. Eau, glaçons, street food : manger sans crainte
L'eau du robinet ne se boit pas : achetez de l'eau en bouteille ou remplissez votre gourde aux fontaines des hôtels. Les glaçons en forme de tube percé viennent d'usines. La plupart des voyageurs les supportent bien, mais des contrôles y trouvent régulièrement des bactéries : les premiers jours, ou si vous avez l'estomac fragile, commandez sans glace (« không đá »).
Pour la street food, choisissez les échoppes bondées de locaux, où les produits tournent vite, et les plats cuits devant vous. Allez-y doucement les premiers jours et pelez vous-même vos fruits. En cas de turista, les pharmacies vendent des sels de réhydratation (Oresol) pour moins de 2 000 dongs le sachet.
49. Médicaments : ce qui passe la frontière
Vos médicaments habituels voyagent avec leur ordonnance, dans leur boîte d'origine et dans le bagage à main. Depuis le 1er juillet 2025, un voyageur peut apporter jusqu'à 30 jours de traitement sans autorisation pour la plupart des médicaments sur ordonnance.
Les limites sont plus strictes pour les produits contrôlés : 10 jours pour les psychotropes (somnifères, anxiolytiques, traitements du TDAH) et 7 jours pour les antidouleurs à base de codéine, de tramadol ou de morphine, avec déclaration à la douane. Au-delà, il faut un permis d'importation demandé avant le départ. Les produits à base de cannabis, même médical, sont interdits.
50. La dengue, vraie menace des saisons humides
Transmise par un moustique qui pique le jour, la dengue circule surtout pendant la saison des pluies, villes comprises. Il n'existe pas de médicament préventif ; un vaccin existe, en deux doses espacées de trois mois, réservé en France à certains profils : parlez-en à votre médecin. Répulsif, vêtements couvrants et chambre climatisée restent vos meilleures armes.
En cas de forte fièvre avec courbatures, consultez, et prenez du paracétamol, jamais d'aspirine ni d'ibuprofène.
51. Rage : on ne caresse pas les animaux
Chiens, chats et singes peuvent transmettre la rage, qui tue encore des dizaines de personnes chaque année au Vietnam : 39 au premier semestre 2026. Évitez de les toucher, même s'ils semblent gentils. Après une morsure ou une griffure, lavez la plaie à l'eau et au savon pendant quinze minutes, puis consultez le jour même.
52. Pharmacies, hôpitaux et numéros d'urgence
Les pharmacies (nhà thuốc) sont partout. Les antibiotiques y sont en principe vendus sur ordonnance, et les amendes ont été alourdies en 2026, mais beaucoup se vendent encore sans : méfiez-vous de l'automédication. Pour un souci sérieux, privilégiez les établissements internationaux, comme l'Hôpital français de Hanoï, Vinmec ou l'hôpital franco-vietnamien FV à Hô Chi Minh-Ville. Les ambulances sont souvent lentes : un taxi ou un Grab va parfois plus vite.
Numéros utiles : 113 pour la police, 114 pour les pompiers, 115 pour les urgences médicales, et le 112, numéro national d'urgence qui oriente vers ces services. Gardez aussi celui de votre assistance.
53. Pollution et chaleur, deux ennemis invisibles
De novembre à avril, Hanoï figure souvent parmi les villes les plus polluées de la planète : consultez l'indice de qualité de l'air chaque matin et emportez un masque FFP2 si vous êtes sensible. L'été, chaleur et humidité épuisent vite : buvez beaucoup, couvrez-vous et calez vos visites tôt le matin ou en fin d'après-midi.
54. À la plage, respectez les drapeaux
Les courants d'arrachement sont fréquents à Da Nang toute l'année, sur la côte ouest de Phu Quoc de mai à octobre, et sur certaines plages de Mui Ne selon le vent. Baignez-vous dans les zones surveillées, comme sur la plage de My Khe, respectez les drapeaux rouges et renseignez-vous sur les méduses, plus nombreuses en été.
55. Gare aux vols à l'arraché
La criminalité violente envers les touristes est rare, et le Vietnam reste un pays sûr, mais les vols de téléphones et de sacs par des voleurs à scooter sont fréquents, surtout à Hô Chi Minh-Ville et pendant le Têt. Tenez votre téléphone côté façades, portez votre sac en bandoulière côté trottoir, et évitez de pianoter à l'arrière d'une moto-taxi.
56. Les arnaques classiques à connaître
Les arnaques sont rarement graves, mais elles se répètent d'un voyageur à l'autre :
- La photo avec la palanche de fruits posée sur votre épaule, suivie d'une demande d'argent.
- Le cireur qui attaque vos chaussures sans demander, puis réclame une fortune.
- Le taxi sosie au compteur trafiqué (point 30).
- Le cyclo dont le prix « par personne » ou « par heure » triple à l'arrivée.
- Le scooter de location rendu avec des dégâts imaginaires : photographiez-le sous toutes ses coutures avant de partir.
- Le « jeu de cartes » amical proposé par des inconnus, qui finit par vous coûter des centaines d'euros.
- L'agence ou le restaurant sosie, qui copie le nom d'une adresse réputée : vérifiez l'adresse exacte et les avis récents.
La parade universelle : fixez le prix avant, de préférence par écrit sur un téléphone. La liste des pièges à touristes en compte une douzaine.
57. Passeport, drogue, vapes et drones : ce que dit la loi
L'hôtel doit vous déclarer à la police dès votre arrivée : il scanne votre passeport, c'est normal. Rien ne l'oblige en revanche à le garder : récupérez-le après l'enregistrement, ne le laissez jamais en caution pour un scooter, et gardez-en une photo sur votre téléphone.
Le trafic de drogue reste passible de la peine de mort. La cigarette électronique et le tabac chauffé sont interdits depuis 2025, et depuis le 31 décembre 2025 leur usage coûte 3 à 5 millions de dongs d'amende, avec destruction de l'appareil. Enfin, un drone doit être enregistré et chaque vol autorisé par le ministère de la Défense, avec un parrain vietnamien pour un étranger. Seuls les mini-drones de loisir de moins de 250 g échappent à l'autorisation, hors zones interdites, et leur vol doit tout de même être signalé aux autorités locales.
Savoir-vivre : les codes à connaître
Les Vietnamiens pardonnent beaucoup aux étrangers, mais quelques codes simples changent tout dans la relation.
58. On se déchausse (souvent)
Retirez vos chaussures avant d'entrer chez quelqu'un, dans un homestay, dans certaines boutiques ou certains spas, et dans les salles de culte des pagodes. Un tas de sandales devant une porte vaut panneau d'instruction.
Pratique : voyagez avec des chaussures faciles à enlever, et gardez en tête les quelques gestes jugés irrespectueux.
59. Temples et mausolée : tenue correcte exigée
Dans les pagodes et les temples, couvrez épaules et genoux et parlez à voix basse. Au mausolée de Hô Chi Minh, à Hanoï, les règles sont strictes : ni short ni débardeur, chapeau à la main, silence, mains hors des poches et aucune photo à l'intérieur. On le visite le matin seulement, jamais le lundi ni le vendredi, sauf le 19 mai, le 2 septembre et le premier jour du Têt. Il ferme aussi environ deux mois par an pour l'entretien du corps, à des dates qui changent chaque année (en 2026, du 4 septembre au 2 novembre) : vérifiez avant d'y aller.
Ironie de l'histoire : dans son testament, l'Oncle Hô avait demandé à être incinéré, et ses cendres réparties entre le Nord, le Centre et le Sud. Ce passage n'a été rendu public qu'en 1989.
60. Ne jamais perdre son calme
Hausser le ton fait perdre la face à tout le monde, à commencer par vous : en cas de litige, restez souriant et posé, c'est la seule méthode qui fonctionne. Un sourire gêné ne signifie pas que l'on se moque de vous, mais souvent que l'on est embarrassé.
Et un « oui » peut simplement vouloir dire « je vous ai entendu ».
61. Les gestes qui fâchent
Pour appeler quelqu'un, faites signe paume vers le bas : l'index replié vers soi est réservé aux animaux. Évitez de croiser l'index et le majeur, un geste obscène au Vietnam, de pointer quelqu'un du doigt ou de diriger vos pieds vers un autel ou une statue du Bouddha.
Et ne touchez pas la tête des gens, même pour un geste affectueux. Pour le reste, les usages de politesse s'apprennent vite.
62. « Quel âge avez-vous ? », et pourquoi tant de Nguyễn
Le vietnamien n'a pas vraiment de « tu » ou de « vous » passe-partout : on s'appelle grand frère (anh), grande sœur (chị), petit frère ou petite sœur (em), oncle (chú), tante (cô), grand-père (ông) ou grand-mère (bà) selon l'âge ; entre personnes du même âge, on dit aussi bạn, « ami ». Demander votre âge sert donc à savoir comment vous appeler. Ne vous vexez pas non plus des questions sur votre salaire, votre situation familiale ou votre poids : c'est de la curiosité, pas de l'impolitesse.
Autre surprise : entre un Vietnamien sur trois et près de quatre sur dix s'appellent Nguyễn, selon les études. Au fil des changements de dynastie, des familles ont pris ce nom, de force, par prudence ou par loyauté envers les souverains. Le nom de famille vient en premier et le prénom en dernier : on appelle donc Nguyễn Văn Hùng « monsieur Hùng ». C'est pour la même raison que l'on parle du général Giáp : de son nom complet Võ Nguyên Giáp, Võ étant son nom de famille, et ce Nguyên-là, sans tilde, n'a rien à voir avec Nguyễn.
63. Politique : ce qui ne se dit pas en public
Le Vietnam est un État à parti unique, dirigé par le Parti communiste, et la vie politique ne se commente pas comme chez vous. Évitez de critiquer le gouvernement ou ses dirigeants en public et sur les réseaux sociaux, tenez-vous à l'écart des manifestations et ne photographiez ni casernes, ni postes de police, ni installations militaires.
Les Vietnamiens parlent volontiers d'histoire, de football ou de famille ; de politique, beaucoup moins, surtout avec un inconnu.
64. À table, quelques règles d'or
Ne plantez jamais vos baguettes à la verticale dans le bol de riz : cela rappelle le bol offert aux défunts sur l'autel. Ne passez pas non plus un morceau de vos baguettes à celles d'un voisin. Les plats se partagent au centre : servez-vous un peu à la fois, laissez les aînés commencer, et servez votre voisin pour lui faire honneur.
Essuyer ses baguettes et sa cuillère avec une serviette en papier avant de manger ? Les Vietnamiens le font, faites comme eux : les codes de la table s'apprennent en observant vos voisins.
65. « Một, hai, ba, dô ! », l'art de trinquer
À table, on trinque souvent, et à chaque gorgée : « Một, hai, ba, dô ! », soit « un, deux, trois, on y va ! » (on entend aussi « dzô » ou « vô » au Sud). « Trăm phần trăm », cent pour cent, signifie cul sec.
Par respect, tenez votre verre un peu plus bas que celui d'une personne plus âgée en trinquant. Si vous ne buvez pas d'alcool, dites-le d'emblée avec le sourire : c'est accepté. Et ne vous étonnez pas que la soirée finisse au karaoké, passe-temps national.
66. Autels, encens et billets pour l'au-delà
Maisons, boutiques et restaurants abritent un autel des ancêtres ou des génies protecteurs, garni de fruits, d'encens, parfois de canettes de bière. Ne touchez pas aux offrandes et ne les enjambez pas.
Les 1er et 15e jours du mois lunaire, on brûle devant les portes des liasses de faux billets pour les ancêtres. Pour les anniversaires de décès et la fête des âmes errantes, au 7e mois lunaire, on y ajoute des objets en papier, jusqu'aux smartphones et voitures miniatures vendus rue Hàng Mã à Hanoï, pour que les défunts ne manquent de rien.
67. Photos : demandez d'abord
Un geste vers votre appareil et un sourire suffisent pour demander l'autorisation ; respectez un refus. Dans les villages du Nord, certaines femmes des minorités demandent quelques billets pour une photo : c'est leur droit.
En revanche, ne donnez ni argent ni bonbons aux enfants, qui risquent de délaisser l'école pour la rue : achetez plutôt à des adultes ou à des coopératives.
68. Affection en public et tolérance
Les couples restent discrets en public, alors que deux amis du même sexe se tiennent volontiers par la main, sans connotation. L'homosexualité n'a jamais été pénalisée, et l'accueil des voyageurs LGBT+ est globalement bienveillant, surtout en ville. Une marche des fiertés existe à Hanoï depuis 2012, mais en 2025 plusieurs événements ont été annulés ou réduits sous la pression des autorités. Depuis 2015, la loi n'interdit plus le mariage entre personnes de même sexe, mais elle ne le reconnaît pas.
69. Un pays qui se lève à 5 h et fait la sieste
À l'aube, les parcs se remplissent de joueurs de badminton, de danseurs et d'adeptes de gymnastique ; les marchés battent leur plein avant 8 h. Entre 11 h 30 et 13 h 30 environ, le pays fait la sieste, et bureaux comme beaucoup de musées ferment.
Visitez le matin, dînez tôt (vers 18 h ou 19 h), et ne vous étonnez pas qu'un horaire soit élastique : on parle de « giờ cao su », l'heure caoutchouc.
70. Invité chez l'habitant : les bons réflexes
N'arrivez pas les mains vides : fruits, gâteaux ou une spécialité de chez vous feront plaisir. Évitez les mouchoirs, associés aux larmes, et les objets tranchants, qui « coupent » la relation : offrir un cadeau obéit à quelques règles.
Pendant le Têt, glissez quelques billets neufs dans une enveloppe rouge (lì xì) pour les enfants. Et ne vous invitez pas le premier jour de l'année : le premier visiteur est censé porter chance… ou malheur à la maisonnée.
La langue
Le vietnamien s'écrit en alphabet latin mais se parle avec six tons : de quoi lire les enseignes… et se faire comprendre de travers.
71. Un alphabet latin hérité des missionnaires
Pendant des siècles, le vietnamien s'est écrit en caractères chinois, et en chữ Nôm, une écriture dérivée de ces caractères pour noter la langue parlée. L'alphabet actuel, le quốc ngữ, doit beaucoup aux jésuites portugais du XVIIe siècle et à leur plus célèbre continuateur, l'Avignonnais Alexandre de Rhodes, qui publia son dictionnaire à Rome en 1651.
Rendu obligatoire dans l'administration de Cochinchine dès 1882, puis adopté par les nationalistes, il s'est imposé au XXe siècle, après la fin des concours mandarinaux en 1919.
72. Six tons pour un seul mot
Le vietnamien du Nord compte six tons, notés par des accents (le Sud en confond deux). « Ma » signifie fantôme, « má » maman ou joue, « mà » mais, « mả » tombe, « mã » cheval et « mạ » jeune pousse de riz.
Les erreurs de ton sont inévitables et font rire avec bienveillance. Lancez-vous quand même : chaque mot de vietnamien vous ouvrira des sourires.
73. Le kit de survie en douze expressions
Douze expressions suffisent pour transformer une transaction en échange ; pour aller plus loin, voici vingt phrases avec leur prononciation.
| Vietnamien | Prononciation approximative | Sens |
|---|---|---|
| Xin chào | sine tchao | Bonjour |
| Cảm ơn | kam eune | Merci |
| Xin lỗi | sine loï | Pardon, excusez-moi |
| Không, cảm ơn | khom, kam eune | Non merci |
| Em ơi ! | èm eu-i | S'il vous plaît ! (pour appeler le serveur) |
| Bao nhiêu tiền ? | bao gnieou tiène | Combien ça coûte ? |
| Đắt quá ! | dat kwa | Trop cher ! |
| Bớt đi ! | beut di | Faites un effort sur le prix ! |
| Ngon quá ! | ngone kwa | C'est délicieux ! |
| Không cay | khom kaï | Pas épicé |
| Tôi ăn chay | toï ane tchaï | Je suis végétarien |
| Tính tiền | ting tiène | L'addition, s'il vous plaît |
74. Nord contre Sud : deux accents, deux vocabulaires
À Hanoï, les lettres d, gi et r se prononcent « z » ; à Saïgon, d et gi sonnent plutôt « y ». Le vocabulaire change aussi : la cacahuète se dit lạc au Nord et đậu phộng au Sud, l'ananas dứa ou thơm, le bol bát ou chén, et « trop cher » đắt quá ou mắc quá.
Quant à l'accent de Hué, il donne du fil à retordre aux Vietnamiens eux-mêmes.
75. Anglais, « Tây » et une pincée de français
L'anglais se parle dans les hôtels, les cafés et les sites touristiques, beaucoup moins à la campagne : écrire ou traduire reste la valeur sûre, et l'on se débrouille très bien sans parler vietnamien. Les enfants vous lanceront des « Hello ! » joyeux, et vous entendrez peut-être parler de vous comme d'un « Tây », un Occidental.
Quelques personnes âgées parlent encore français : le Vietnam est d'ailleurs membre de la Francophonie depuis 1970, même si moins d'un habitant sur cent parle aujourd'hui la langue. Pour vous présenter, dites « Tôi là người Pháp » (je suis français), « người Bỉ » (belge), « người Thụy Sĩ » (suisse), « người Lúc-xăm-bua » (luxembourgeois) ou « người Canada ».
Manger et boire
La cuisine vietnamienne est l'une des plus fraîches et des plus équilibrées du monde, et ses meilleures tables se trouvent souvent sur le trottoir.
76. Le phở se mange au petit-déjeuner
Né dans le nord du pays au début du XXe siècle, le phở se déguste surtout le matin, dans des échoppes qui ne servent que lui : c'est le roi du petit-déjeuner vietnamien. Au Nord, le bouillon est limpide et les herbes discrètes ; au Sud, on y ajoute pousses de soja, basilic thaï, sauce hoisin et piment à volonté.
À Hanoï, noyer son bol sous les sauces relève presque du crime de lèse-majesté. Et le phở n'ouvre qu'une longue liste de soupes de nouilles.
77. Le bánh mì, ou la baguette réinventée
Héritée de la baguette française, la version vietnamienne est plus légère, avec une croûte fine et craquante. On la garnit de pâté, de mayonnaise, de charcuterie, de légumes marinés, de coriandre et de piment, et le guide du bánh mì en recense sept grands types.
Hoi An et Hô Chi Minh-Ville se disputent les meilleurs ; le chef voyageur Anthony Bourdain a rendu célèbre le Bánh Mì Phượng de Hoi An.
78. Le bún chả, plat d'un dîner présidentiel
En mai 2016, Barack Obama et Anthony Bourdain ont partagé un bún chả (porc grillé, vermicelles et bouillon aigre-doux) sur les tabourets en plastique du Bún chả Hương Liên, à Hanoï. Leur table est depuis exposée sous vitrine, et la maison sert un « combo Obama ».
Comptez quelques euros pour un repas présidentiel.
79. À chaque région sa cuisine
Le Nord cuisine en finesse ; le Centre, autour de Hué, l'ancienne capitale impériale, aime le piment et les petites bouchées raffinées (bún bò Huế, bánh bèo) ; le Sud, plus généreux, sucre ses plats et les couvre d'herbes (cơm tấm, bánh xèo). Les différences entre les cuisines du Nord, du Centre et du Sud se goûtent dès le premier repas.
Entre les deux, la région de Quang Nam, aujourd'hui rattachée à Da Nang, a donné son nom au mì Quảng, des nouilles plates servies avec très peu de bouillon.
80. Le cao lầu, introuvable ailleurs qu'à Hoi An
Selon la tradition, ces nouilles épaisses et fermes ne seraient authentiques qu'avec l'eau d'un ancien puits de Hoi An, le puits Bá Lễ, et la cendre de bois des îles Cham. Légende ou pas, c'est sur place qu'il faut goûter le cao lầu, avec du porc laqué, des herbes et des croûtons croustillants.
81. Les herbes, l'âme de chaque repas
Chaque plat arrive avec une assiette d'herbes fraîches : menthe, périlla, coriandre vietnamienne (rau răm), coriandre longue (ngò gai) ou basilic thaï. On les ajoute à la soupe, on les roule dans une galette de riz, on les trempe dans la sauce.
Derrière ces associations se cache un principe hérité de la médecine traditionnelle : équilibrer aliments « chauds » et « froids ».
82. Les meilleures tables sont à 30 cm du sol
Les petits tabourets en plastique des trottoirs cachent souvent la meilleure cuisine de la ville. Chaque échoppe ne sert généralement qu'un ou deux plats, écrits sur l'enseigne : pas besoin de carte, il suffit de montrer du doigt et d'indiquer le nombre. Pour appeler le serveur, lancez un « Em ơi ! », et l'on paie à la fin.
Poissons et fruits de mer se vendent souvent au poids : demandez le prix au kilo avant la cuisson. Les lingettes et les cacahuètes posées sur la table sont parfois facturées : si vous n'en voulez pas, laissez-les de côté. Le Guide Michelin, présent au Vietnam depuis 2023, a d'ailleurs distingué plusieurs de ces stands : sa sélection 2026 compte 72 adresses Bib Gourmand.
83. Nước mắm, mắm tôm et autres défis olfactifs
Le nước mắm, la sauce de poisson, est l'âme de la cuisine vietnamienne : celle de Phu Quoc, faite d'anchois, a été en 2012 le premier produit vietnamien protégé par une appellation d'origine européenne. Plus redoutable, le mắm tôm, une pâte de crevettes fermentées violacée, accompagne le bún đậu à Hanoï.
Les plus aventureux tenteront l'œuf de cane couvé (hột vịt lộn au Sud, trứng vịt lộn au Nord), et le durian, interdit dans beaucoup d'hôtels à cause de son odeur.
84. Le café, une religion nationale
Le Vietnam est le deuxième producteur mondial de café, derrière le Brésil, et le premier pour le robusta, corsé et chocolaté. Il passe goutte à goutte dans un petit filtre métallique (phin) et se boit glacé avec du lait concentré sucré : c'est le cà phê sữa đá. Trop sucré ? Demandez « ít đường », peu de sucre.
Le lait concentré s'est imposé à l'époque coloniale, faute de lait frais. Les gourmands commandent un bạc xỉu, encore plus lacté.
85. Café à l'œuf, au sel ou à la noix de coco
Le café à l'œuf (cà phê trứng) est né à Hanoï en 1946, quand Nguyễn Văn Giảng, barman de l'hôtel Métropole, remplaça le lait introuvable par du jaune d'œuf battu avec du sucre. Sa famille le sert toujours au Café Giảng.
Hué a lancé le café au sel en 2010, et le café coco glacé a conquis tout le pays : le guide des cafés vietnamiens les passe tous en revue. Évitez en revanche le café de civette (cà phê chồn), souvent produit par des animaux en cage.
86. Bia hơi, la bière la moins chère du monde ?
Brassée chaque jour et livrée en fûts, la bia hơi, une bière pression légère, se boit sur le trottoir pour 10 000 à 20 000 dongs le verre, surtout à Hanoï et dans le Nord. En bouteille, chaque région a sa marque : Hà Nội au Nord, Saigon et 333 au Sud, Huda à Hué, Larue autour de Da Nang.
Et oui, on y met des glaçons : il fait chaud.
87. Rượu : l'alcool maison, avec prudence
L'alcool de riz (rượu) circule dans les banquets et les homestays, souvent fait maison et titrant 30 à 45 degrés. Préférez les bouteilles scellées : chaque année, des alcools frelatés au méthanol font des victimes, au Vietnam comme chez ses voisins.
Quant à l'alcool de serpent, il ne mérite que la photo : les serpents en bocal appartiennent souvent à des espèces protégées, et la douane saisit la bouteille, amende à la clé. Même sort pour l'ivoire, l'écaille de tortue, la corne et les antiquités sans certificat d'exportation.
88. Fruits, végétariens et allergies
Mangoustans, ramboutans, longanes, fruits du dragon et pommes cannelle : les marchés sont un festival de fruits tropicaux, chacun ayant sa saison. Les végétariens trouveront de nombreux restaurants « chay », grâce au bouddhisme, mais la sauce de poisson se cache partout : précisez « không nước mắm ». Bon plan : les 1er et 15e jours du mois lunaire, beaucoup de Vietnamiens mangent végétarien, et les restaurants chay font le plein.
En cas d'allergie, montrez une carte écrite en vietnamien, par exemple « Tôi bị dị ứng đậu phộng » (je suis allergique à l'arachide ; on dit lạc au Nord).
Les grandes étapes et leurs secrets
Le Vietnam compte neuf sites inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, le dernier en 2025 ; voici ce qu'il faut savoir sur les étapes phares.
89. Hanoï, la capitale aux 36 rues
Le Vieux Quartier est né de corporations : chaque rue « Hàng » (marchandise) vendait un seul produit, la soie, l'argent, les paniers ou les objets votifs. On dit « les 36 rues », mais il en compte plus de 70. Ses maisons-tubes, larges de quelques mètres mais profondes de plusieurs dizaines, seraient nées d'un impôt calculé sur la façade : rien ne le prouve, et le prix du moindre mètre de vitrine suffit à l'expliquer. Selon la légende, une tortue géante a repris dans le lac Hoan Kiem l'épée magique du roi Lê Lợi. La dernière tortue géante du lac est morte en 2016 ; naturalisée, elle trône au temple Ngọc Sơn.
La célèbre « rue du train » attire toujours les curieux, mais sous l'œil de la police, avec des cafés régulièrement évacués. Depuis février 2026, les travaux du pont Long Biên détournent les trains de Haiphong et de Lào Cai, et la ville veut supprimer les trains de voyageurs sur ce tronçon : renseignez-vous sur place. Ne vous approchez jamais des rails.
90. Baie d'Ha Long : choisir la bonne croisière
Près de 2 000 îlots karstiques et un nom qui signifie « là où le dragon descend » : la baie d'Ha Long mérite sa réputation, mais aussi sa foule. Préférez une croisière d'une nuit à l'aller-retour express, fuyez les offres trop bon marché, et regardez du côté des baies voisines de Lan Ha (au départ de Cat Ba) ou de Bai Tu Long, plus sauvages. En été, les orages éclatent vite : en juillet 2025, un bateau d'excursion a chaviré dans la baie, faisant près de 40 victimes. Si les sorties sont suspendues pour cause de météo, acceptez le report.
En 2023, l'Unesco a d'ailleurs étendu le site classé à l'archipel de Cat Ba.
91. Ninh Binh, la « baie d'Ha Long terrestre »
Pitons calcaires, rizières et rivières qui serpentent sous les grottes : le complexe de Trang An est classé à l'Unesco depuis 2014, à la fois pour sa nature et sa culture. Ses barques glissent d'une grotte à l'autre, et à Tam Coc, les batelières rament souvent… avec les pieds.
Hollywood a succombé : « Kong: Skull Island » y a été tourné en partie. Et près de 500 marches mènent au belvédère de la grotte de Mua, l'un des plus beaux panoramas du Nord.
92. Sapa, Ha Giang, Cao Bằng : le grand Nord des montagnes
Sapa est la porte du Fansipan, le toit de l'Indochine (3 147 m), accessible en téléphérique, et des rizières en terrasses des minorités hmong et dao : dorées de fin août à mi-septembre, gorgées d'eau en mai et juin. Celles de Mù Cang Chải, à leur meilleur de fin septembre à début octobre, sont plus spectaculaires encore. Le Vietnam reconnaît officiellement 54 groupes ethniques, et les montagnes du Nord en concentrent une grande partie : dormir chez l'habitant, avec un guide local, reste la plus belle façon de les rencontrer.
Plus à l'est, la boucle de Ha Giang, désormais dans la province de Tuyen Quang, aligne cols vertigineux et villages hors du temps jusqu'à la frontière chinoise. Faites-la derrière un « easy rider », un pilote local : c'est plus sûr, et légal (point 32). Encore plus à l'est, Cao Bằng cache la cascade de Bản Giốc, à cheval sur la frontière chinoise.
93. Phong Nha et Son Doong, les cathédrales souterraines
Le parc national de Phong Nha-Ke Bang abrite des centaines de grottes, dont Son Doong, la plus grande connue au monde : ses galeries atteignent 200 m de haut, avec leur propre jungle et leurs propres nuages. Seul l'opérateur Oxalis y mène des expéditions de six jours, par groupes de dix, pour 80 millions de dongs (3 000 USD), avec environ un millier de visiteurs par an. Les saisons 2027 et 2028 sont déjà complètes : il faut réserver des années à l'avance, et seulement sur le site officiel, car de faux sites circulent.
Pour un budget de simple mortel, les autres grottes du parc offrent déjà le grand frisson : la grotte du Paradis, la grotte Sombre et sa tyrolienne, ou la grotte d'En, avec nuit sous tente.
94. Hué, Da Nang, Hoi An : le Centre en trois étapes
Hué fut la capitale de la dynastie Nguyen de 1802 à 1945 : sa cité impériale et ses tombeaux royaux, au bord de la rivière des Parfums, méritent deux jours. Au nord de la ville, les vestiges de l'ancienne zone démilitarisée se visitent avec un guide : la région reste l'une des plus touchées par les munitions non explosées, ne quittez jamais les sentiers.
Entre Hué et Da Nang, le col des Nuages (Hải Vân), gardé depuis 1826 par une porte fortifiée restaurée en 2024, a conquis les motards du monde entier grâce à l'émission Top Gear, fin 2008. Da Nang possède un pont du Dragon qui crache du feu et de l'eau les samedis, dimanches et jours fériés à 21 h, et le pont d'Or, tenu par deux mains géantes, dans les collines de Ba Na.
À Hoi An, port marchand classé à l'Unesco en 1999, les lanternes, les tailleurs capables de coudre un costume en 24 heures et le pont japonais restauré en 2024 font le spectacle. Le billet d'accès (120 000 dongs pour les visiteurs étrangers, valable plusieurs jours) ouvre plusieurs maisons anciennes et finance la conservation de la vieille ville.
95. Le Sud : Saïgon, le Mékong et les îles
Hô Chi Minh-Ville, que tout le monde appelle encore Saïgon, est la locomotive économique du pays : ne manquez ni le musée des Vestiges de la guerre ni les tunnels de Cu Chi, un réseau d'environ 250 km creusé pendant les guerres. Ici, on parle de « guerre américaine » plutôt que de « guerre du Vietnam ».
Dans le delta du Mékong, levez-vous avant l'aube pour le marché flottant de Cai Rang, à Can Tho, où chaque barque hisse en haut d'un mât un échantillon de ce qu'elle vend. Il a perdu plus de la moitié de ses bateaux depuis les années 1990 : allez-y tôt, sans attendre un embouteillage de barques.
Au large, Phu Quoc aligne plages, poivrières et le téléphérique de Hon Thom, long de 7 899,9 m, record Guinness pour un téléphérique à trois câbles. Plus sauvage, l'archipel de Con Dao mêle tortues marines et mémoire des bagnes.
Le Vietnam des francophones
Pour un francophone, le Vietnam réserve une foule de clins d'œil, des mots du quotidien aux grands noms de l'histoire.
96. Vous parlez déjà vietnamien sans le savoir
Près d'un siècle de présence française a laissé des centaines de mots : cà phê (café), bơ (beurre), pa tê (pâté), phô mai (fromage), ga (gare), xăng (essence), va li (valise), áo sơ mi (chemise), ban công (balcon) ou súp lơ (chou-fleur). Les mécaniciens parlent de phanh (frein) et de ghi đông (guidon) sans savoir qu'ils parlent français.
Même le phở aurait peut-être une origine française : certains le rapprochent du « feu » du pot-au-feu, mais la plupart des linguistes y voient plutôt le phấn, les nouilles d'un plat cantonais. Le débat reste ouvert.
97. Eiffel n'y est (presque) pour rien
La grande poste de Saïgon (1886-1891) est l'œuvre de l'architecte Alfred Foulhoux, et le pont Long Biên de Hanoï, l'ancien pont Paul-Doumer, celle de l'entreprise Daydé et Pillé. Tous deux sont pourtant souvent attribués à Gustave Eiffel, tout comme le pont Trường Tiền de Hué, signé Schneider.
L'opéra de Hanoï s'inspire, lui, du palais Garnier, et la cathédrale Notre-Dame de Saïgon fut bâtie avec des matériaux venus de France ; en restauration, elle devrait rouvrir vers fin 2027. Villas jaunes à volets verts et boulangeries complètent le décor : le Vietnam a fait sienne cette architecture.
98. Yersin, le Français que le Vietnam n'a jamais débaptisé
Né en Suisse et naturalisé français, le médecin Alexandre Yersin découvrit le bacille de la peste en 1894 et passa l'essentiel de sa vie à Nha Trang, près de laquelle il repose. En 1893, il avait repéré le plateau du Lang Biang pour y créer une station d'altitude : la future Dalat, surnommée « le petit Paris », avec sa gare Art déco et ses villas dans les pins.
Rare privilège, de nombreuses rues portent encore son nom à travers le pays.
99. Duras, Bảo Đại et le grand écran
Marguerite Duras est née près de Saïgon en 1914 ; à Sa Đéc, dans le delta du Mékong, on visite la maison de Huỳnh Thủy Lê, le riche héritier chinois qui inspira « L'Amant », prix Goncourt 1984. Le dernier empereur, Bảo Đại, est mort à Paris en 1997 et repose au cimetière de Passy.
Côté cinéma, révisez « Indochine » (1992), en partie tourné dans la baie d'Ha Long, et « L'Odeur de la papaye verte » de Trần Anh Hùng, tourné… entièrement en studio, en France.
100. Diên Biên Phu, et ce que le Vietnam enseigne
Les passionnés d'histoire pousseront jusqu'à Diên Biên Phu, dans les montagnes du Nord-Ouest, où la bataille de 1954 mit fin à l'Indochine française : musée, collines-champs de bataille et monument aux soldats français, érigé en 1994 par un ancien légionnaire. On y mesure ce que le pays a traversé : mille ans de domination chinoise, près d'un siècle de présence française, trente ans de guerres.
Et pourtant, ce qui frappe le plus souvent les voyageurs, c'est un accueil sans rancune et l'énergie d'un pays jeune, où près de trois habitants sur quatre sont nés après 1975. C'est peut-être la chose la plus importante à savoir avant de partir : au Vietnam, on vous accueillera d'abord avec un sourire, et souvent avec un verre de thé glacé.
La check-list avant le départ
Avant de boucler la valise, vérifiez ces dix points.
- Passeport valide au moins six mois après l'entrée (après la date de départ pour les Canadiens), et preuve de sortie du territoire : billet d'avion ou de bus.
- Exemption de 45 jours (Français ; Belges, Suisses et Luxembourgeois en voyage touristique) ou e-visa imprimé, avec le bon aéroport d'arrivée et le code de dossier noté. En cas de doute, l'outil visa répond pour chaque nationalité.
- Formulaire d'arrivée en ligne rempli dans les 72 heures avant l'atterrissage, QR code dans le téléphone.
- Assurance voyage avec rapatriement et clause deux-roues vérifiée, vaccins à jour, répulsif et sels de réhydratation dans la trousse.
- Inscription auprès du service de votre pays : Ariane, Travellers Online, Travel Admin, Lëtzebuerger am Ausland ou Inscription des Canadiens à l'étranger.
- Permis moto et permis international au format 1968, si vous comptez conduire.
- Carte bancaire sans frais à l'étranger, quelques billets d'euros ou de dollars impeccables, et moins de 5 000 USD en liquide (sinon, déclaration en douane).
- eSIM achetée et applications installées : Grab, Google Maps (carte hors connexion), Google Traduction (vietnamien hors ligne), Zalo.
- Deux batteries externes au maximum, en cabine : leur usage est interdit à bord.
- Médicaments dans leur boîte d'origine avec l'ordonnance, cigarette électronique laissée à la maison, adaptateur universel dans le sac, dates du Têt vérifiées.
Il ne vous reste plus qu'à apprendre une dernière formule, celle que l'on souhaite aux voyageurs : « Thượng lộ bình an ! », bonne route et bon retour.