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La culture de la moto au Vietnam : pourquoi 45 millions de scooters règnent dans les rues

La culture de la moto au Vietnam : pourquoi 45 millions de scooters règnent dans les rues

Le premier son qu'un voyageur entend en sortant de l'aéroport de Noi Bai à Hanoï n'est ni celui d'un oiseau ni d'une cloche de temple. C'est le bourdonnement collectif de 45 millions de moteurs de motos. Ce son définit le Vietnam plus que n'importe quel monument ou plat. Le scooter n'est pas qu'un moyen de transport. C'est le système circulatoire du pays.

11 min de lecture·Mis à jour le 18 juillet 2026

Marchez cinq minutes dans n'importe quelle ville vietnamienne et la moto se révèle comme l'épine dorsale de la vie quotidienne. Une famille de quatre personnes tient en équilibre sur une seule Honda Wave. Un cochon attaché à la selle arrière grogne dans la circulation de Saigon. Un adolescent en ao dai roule de côté, téléphone dans une main, café dans l'autre. Le scooter transporte tout. Il transporte tout le monde.

Cet article explique comment fonctionne la culture de la moto au Vietnam. Il aborde le transport familial, les xe om (taxis-motos), l'économie de la livraison, la traversée de la rue en tant que piéton, et comment les voyageurs s'intègrent en toute sécurité et légalement.


Le scooter comme transport familial : quatre personnes, une moto

Les familles vietnamiennes ne possèdent pas de voitures comme les familles occidentales. Les voitures restent chères en raison des taxes à l'importation qui peuvent doubler le prix d'achat. Une nouvelle Toyota Vios coûte environ 650 millions de VND (26 000 €). Un scooter Honda Wave coûte 30 millions de VND (1 200 €). Le calcul est simple.

Les familles s'adaptent donc. Une scène typique à Hô-Chi-Minh-Ville à 7h00 : le père conduit, la mère est assise derrière lui tenant un tout-petit, et un enfant plus âgé se tient sur le repose-pieds avant. Personne ne porte de casque sur l'enfant. Personne n'y pense à deux fois. C'est normal.

Le scooter sert pour les trajets scolaires, les courses alimentaires et les visites à l'hôpital. Il transporte des matériaux de construction, du bétail et des gâteaux de mariage. Pendant le Têt, le Nouvel An lunaire, les familles chargent les scooters de pots de fleurs d'abricotier et de paniers-cadeaux pour le voyage de retour. En savoir plus sur Têt Nguyên Đán : Le guide complet du voyageur pour le Nouvel An lunaire vietnamien.

Conseil pratique : Si vous voyez une famille de quatre personnes sur un scooter, ne la regardez pas fixement. Ce n'est pas un spectacle. C'est une solution pratique à la possession coûteuse d'une voiture et aux rues étroites.


Xe om : le réseau de taxis-motos

Xe om se traduit par « véhicule à câliner ». Le nom vient de la façon dont les passagers doivent tenir le conducteur. Ces conducteurs attendent aux coins des rues, aux gares routières et aux entrées des marchés. Ils portent des vestes avec des numéros cousus dans le dos. Ils connaissent chaque ruelle de leur quartier.

Un trajet en xe om coûte entre 10 000 et 30 000 VND (0,40 à 1,20 €) pour les courts trajets dans un arrondissement. Les trajets plus longs à travers la ville coûtent entre 50 000 et 100 000 VND (2 à 4 €). Le prix est négociable. Convenez toujours du tarif avant de monter.

Grab, l'application de covoiturage d'Asie du Sud-Est, a transformé le xe om. Le service GrabBike affiche le nom, la photo et la plaque d'immatriculation du conducteur. Le tarif est fixe. Le paiement s'effectue via l'application ou en espèces. Cela élimine la barrière de la langue et le marchandage des prix. Lisez notre guide sur Est-ce que Grab fonctionne au Vietnam ? Guide complet 2026.

Pour les voyageurs, le xe om offre le moyen le plus rapide de traverser la circulation urbaine. Les voitures restent bloquées. Les scooters se faufilent entre les voies. Un trajet en voiture de 30 minutes devient un trajet en scooter de 12 minutes. La contrepartie est l'exposition aux intempéries et un risque légèrement plus élevé d'accidents.

Conseil pratique : Ayez un casque de rechange si vous prévoyez d'utiliser fréquemment le xe om. Les casques des conducteurs sont souvent vieux et peuvent ne pas être bien ajustés.


L'économie de la livraison : tout sur deux roues

Le Vietnam fonctionne grâce aux scooters de livraison. Rien qu'à Hô-Chi-Minh-Ville, les plateformes de livraison traitent plus de 20 millions de commandes par semaine. GrabFood, ShopeeFood et Baemin emploient des centaines de milliers de livreurs. Ces livreurs naviguent dans une circulation chaotique avec des caisses isothermes attachées à l'arrière.

L'économie de la livraison va au-delà de la nourriture. Les pharmacies envoient des médicaments par scooter. Les magasins d'électronique livrent des ordinateurs portables. Les fleuristes envoient des bouquets. Même les documents entre les bureaux gouvernementaux voyagent par scooter. La rapidité de livraison au Vietnam rivalise avec celle de tout pays développé.

Pour les voyageurs, cela signifie que vous pouvez commander presque n'importe quoi à votre hôtel. Besoin d'un chargeur de téléphone à minuit ? Il arrive en 20 minutes. Envie de bun cha à 22h ? Un livreur l'apporte. Le coût est de 10 000 à 20 000 VND (0,40 à 0,80 €) pour une livraison dans un rayon de 2 kilomètres.

L'inconvénient est la pression sur les livreurs. Ils travaillent en équipes de 12 heures sous la chaleur et la pluie. Ils sautent des repas. Ils prennent des risques dans la circulation. Le livreur moyen gagne 8 à 12 millions de VND (320 à 480 €) par mois, ce qui est correct selon les normes locales, mais un travail exigeant.


Traverser la rue en tant que piéton : la vraie technique

Chaque voyageur craint de traverser la rue au Vietnam. La première tentative semble être un vœu de mort. Les scooters viennent de toutes les directions. Les feux de signalisation semblent optionnels. Il n'y a pas de passages piétons clairs.

La technique est contre-intuitive. N'attendez pas une trouée dans la circulation. Il n'y aura jamais de trouée. Au lieu de cela, avancez dans la rue et maintenez un rythme constant et prévisible. N'accélérez pas. Ne ralentissez pas. Ne vous arrêtez pas. Les scooters contourneront vous.

La logique fonctionne comme l'eau. Les conducteurs de scooters scrutent constamment les obstacles. Un piéton qui se déplace de manière prévisible est facile à éviter. Un piéton qui s'arrête ou court soudainement crée de la confusion. Les conducteurs s'attendent à ce que vous continuiez à marcher.

Établissez un contact visuel avec les conducteurs qui arrivent. Cela confirme qu'ils vous voient. Levez légèrement la main si vous vous sentez incertain. Les conducteurs ajusteront leur trajectoire. La clé est l'engagement. L'hésitation cause des accidents.

Pour une analyse plus approfondie de cette technique, lisez notre guide dédié : Traverser la rue au Vietnam : la vraie technique que personne n'explique clairement.

Avertissement : Ne traversez pas en regardant votre téléphone. Ne portez pas de casque antibruit. Vous avez besoin d'une pleine conscience de votre environnement.


Comment les voyageurs s'intègrent en toute sécurité et légalement

Louer une moto au Vietnam est tentant. Le pays offre certains des itinéraires les plus pittoresques du monde. La boucle de Ha Giang, le col de Hai Van et la boucle de Cao Bang attirent des milliers de motards chaque année. Mais la situation juridique est plus compliquée que la plupart des voyageurs ne le pensent.

L'exigence du permis de conduire international

Le Vietnam exige un permis de conduire international (PCI) délivré conformément à la Convention de Vienne de 1968 sur la circulation routière. Ceci est différent du PCI délivré aux États-Unis, qui suit la Convention de Genève de 1949. Le Vietnam ne reconnaît pas la version de 1949.

Qu'est-ce que cela signifie en pratique ? Si vous louez une moto sans un PCI valide, votre assurance est nulle. Si vous avez un accident, vous payez de votre poche. Si la police vous arrête, elle peut confisquer la moto et vous infliger une amende de 2 à 6 millions de VND (80 à 240 €).

De nombreux voyageurs louent des motos quand même. L'application est incohérente. La police dans les zones touristiques comme Nha Trang et Da Lat vérifie plus fréquemment. Dans les zones reculées comme Ha Giang, les contrôles sont rares mais pas inexistants.

Pour une analyse complète de la situation juridique, lisez Louer une Moto au Vietnam : Ce que la Loi Ne Dit Pas aux Touristes (2026).

Applications de location vs locations dans la rue

Plusieurs applications proposent désormais la location de motos avec les documents appropriés. À Hanoï, des applications comme Renta et Motorme fournissent des motos avec casques, assurance et parfois un guide de base sur le PCI. À Hô-Chi-Minh-Ville, des services similaires opèrent. Les locations dans la rue restent moins chères mais comportent des risques : motos mal entretenues, frais de dommages cachés et rétention du passeport.

Caractéristique Location dans la rue Location via application
Coût journalier 100 000-150 000 VND (4-6 €) 150 000-250 000 VND (6-10 €)
Qualité du casque Souvent médiocre Généralement bonne
Assurance Aucune Couverture de base incluse
Passeport requis Oui, retenu comme dépôt Non, copie numérique acceptée
Support en anglais Limité Chat via l'application
État de la moto Variable Inspectée régulièrement

Pour des recommandations d'applications, consultez Applications de location de motos à Hanoï : quelle est l'appli la plus fiable et la moins chère en 2026 ? et Applications de location de motos à Saïgon.

La boucle de Ha Giang et la boucle de Cao Bang

Ces deux itinéraires représentent le summum du voyage à moto au Vietnam. La boucle de Ha Giang traverse la province la plus septentrionale, passant par le plateau karstique de Dong Van et le col de Ma Pi Leng. La boucle de Cao Bang offre des routes plus calmes avec la cascade de Ban Gioc et la grotte de Pac Bo.

Les deux boucles nécessitent de l'expérience sur une moto manuelle ou semi-automatique. Les routes comprennent des virages serrés, du gravier meuble et des changements météorologiques soudains. Les motards doivent avoir au moins six mois d'expérience sur deux roues avant de tenter ces itinéraires.

Pour une comparaison des deux, lisez Boucle de Cao Bang ou boucle de Ha Giang : laquelle choisir pour votre voyage à moto ?.

Que porter

Les casques sont légalement obligatoires pour le conducteur et le passager. L'amende pour ne pas en porter un est de 200 000 à 400 000 VND (8 à 16 €). Au-delà de l'exigence légale, un bon casque sauve des vies.

Les pantalons longs et les chaussures fermées sont pratiques. Ils protègent contre les écorchures en cas de chute et contre les coups de soleil lors des longs trajets. Une veste légère avec des inserts de protection est idéale. Un équipement de pluie est essentiel de mai à octobre.

Pour les voyageuses, lisez Que porter au Vietnam en mai pour les femmes pour des conseils d'emballage spécifiques.

Étiquette sur la route

La circulation vietnamienne suit une logique de négociation plutôt que de règles. Les klaxons communiquent la présence, pas la colère. Un bref coup de klaxon signifie « Je suis là ». Un long coup de klaxon signifie « Je dépasse ». Ne prenez pas l'utilisation du klaxon personnellement.

Utilisez vos clignotants. Ce n'est pas courant chez les locaux, mais en tant qu'étranger, vous serez surveillé de plus près. Signalez clairement vos intentions.

Ne roulez pas au milieu de la voie. Les scooters vietnamiens restent à gauche ou à droite, laissant le centre aux véhicules plus gros. C'est l'inverse des habitudes occidentales.

Pour des conseils culturels plus larges, consultez Salutations et étiquette sociale au Vietnam : le guide pratique du voyageur.


L'impact environnemental et urbain

Quarante-cinq millions de scooters créent des problèmes. La pollution de l'air à Hanoï et à Hô-Chi-Minh-Ville dépasse régulièrement les limites de sécurité de l'OMS. Les particules fines des moteurs deux temps contribuent aux maladies respiratoires. La pollution sonore due à la circulation constante rend les quartiers calmes rares.

Le gouvernement vietnamien a répondu avec un succès limité. Hanoï a interdit les motos dans le Vieux Quartier les week-ends. Hô-Chi-Minh-Ville a introduit une ligne de métro en 2024. L'adoption de scooters électriques augmente, avec des marques comme VinFast et Dat Bike gagnant des parts de marché.

Mais le scooter ne disparaîtra pas. Les infrastructures ne peuvent pas supporter la possession massive de voitures. Les rues sont trop étroites. Le stationnement est trop limité. Le scooter reste la solution la plus efficace pour une population en urbanisation rapide.


Foire aux questions

Q : Ai-je besoin d'un permis moto pour louer un scooter au Vietnam ? Oui. Légalement, vous avez besoin d'un permis moto valide de votre pays d'origine plus un permis de conduire international (Convention de Vienne de 1968). De nombreux magasins de location ignorent cette exigence, mais cela annule votre assurance.

Q : Est-il sûr de conduire un scooter au Vietnam en tant que débutant ? Non. La circulation vietnamienne est chaotique même pour les conducteurs expérimentés. Les débutants devraient utiliser Grab, le xe om ou les bus à la place. Suivez un circuit guidé easy rider si vous voulez découvrir les routes sans conduire vous-même.

Q : Combien coûte la location d'un scooter pour un mois ? Les locations mensuelles coûtent entre 1,5 et 3 millions de VND (60 à 120 €) selon le modèle de moto et l'emplacement. Les locations à long terme à Da Nang et Hoi An sont moins chères qu'à Hanoï ou Hô-Chi-Minh-Ville.

Q : Que dois-je faire si j'ai un accident ? Appelez les services d'urgence au 115 pour une ambulance ou au 113 pour la police. Ne déplacez pas la moto jusqu'à l'arrivée de la police. Contactez votre ambassade si les blessures sont graves. N'admettez pas votre responsabilité sur les lieux.

Q : Puis-je utiliser Grab moto avec des bagages ? GrabBike est conçu pour les passagers sans bagages. Pour les trajets vers l'aéroport avec des valises, utilisez GrabCar ou un taxi. Certains conducteurs acceptent les petits sacs à dos, mais les grands sacs ne conviendront pas.

Q : Quel est le meilleur scooter pour les routes vietnamiennes ? La Honda Wave 110cc et la Honda Air Blade 125cc sont les plus courantes. Elles sont fiables, économes en carburant (50-60 km par litre) et faciles à réparer n'importe où dans le pays. Évitez les scooters 50cc pour les itinéraires montagneux.