Le Festival national du ca trù (chant des courtisanes) 2014 se déroule du 26 au 29 août à l’Académie nationale de musique du Vietnam, à Ha Noi.

Cette manifestation s’inscrit dans le cadre du programme national d’action de préservation et de valorisation de cet art classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Au menu : une centaine de numéros de 26 clubs venus de 12 villes et provinces vietnamiennes où le ca trù est pratiqué.

Organisé tous les cinq ans seulement, la première édition du festival remonte à 2004. Chacune permet aux artistes de se rencontrer, d’échanger des expériences et de présenter de jeunes talents. Cette année, certains clubs de Ha Noi comme Phu Thi, Thuong Mô, Dông Chu se produiront ici pour la première fois.

Le prix «Jeune talent en devenir» suscite toujours une grande attention de la part des professionnels. Lors de la dernière édition, en 2009, c’est la chanteuse Nguyên Thi Minh Ngoc, du club Cô Dam (province de Hà Tinh, Centre), qui l’a remporté.

Le ca trù était très à la mode au début du XVe siècle. Il a connu des hauts et des bas, mais s’est néanmoins transmis jusqu’à maintenant. Il reste un art traditionnel parmi les plus connus du pays.

Lorsqu’il a été classé au patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente en 2009 par l’UNESCO, le pays recensait alors 20 clubs dont plus de la moitié à Ha Noi. Leur nombre n’a cessé de reculer, et les vieux artistes, les plus expérimentés, ont quitté ce monde les uns après les autres, sans que personne ou presque ne reprenne le flambeau.

Le chercheur et musicien Dang Hoành Loan a fait savoir qu’avant 2005, les mots ca trù étaient inconnus de la plupart des Vietnamiens. D’après lui, la reconnaissance de l’UNESCO en faveur de cet art musical a constitué un tournant permettant de préserver et de valoriser cet art. Actuellement, le pays totalise environ 300 artistes, contre une vingtaine il y a encore peu.

«Nous avons l’intention de soumettre prochainement un dossier à l’UNESCO pour que le ca trù ne soit plus classé dans la liste des patrimoines culturels immatériels nécessitant une sauvegarde urgente, mais devenu un patrimoine de l'Humanité», a informé M. Loan.

Des politiques de sauvegarde, mais pas seulement

Le Premier ministre Nguyên Tân Dung vient de publier un arrêté sur l’évaluation et l’attribution des titres d’Artisan/Artiste du peuple et d’Artisan/Artiste émérite aux citoyens vietnamiens qui se consacrent à l'enseignement et à la valorisation des patrimoines culturels immatériels. Le texte pourrait faciliter le travail des jurys chargés d’honorer ces artistes et artisans. De plus, il a pour but de reconnaître et de mettre en valeur les nombreuses contributions des artistes dans la préservation des trésors culturels nationaux.

Le pays devrait proposer également des politiques d’assistance concrètes, voire un plan national de développement du ca trù à long terme. Au dire de chercheurs, l’État devrait accorder plus d’attention aux artistes chargés de former la jeune génération à cet art musical.

Le ca trù est actuellement pratiqué dans 15 villes et provinces vietnamiennes. Mais c’est à Ha Noi que cet art est le mieux préservé avec les clubs plus connus que sont Ha Noi, Thái Hà, Van Miêu et Thang Long.

En parallèle aux efforts visant les artistes et autres experts, cet art traditionnel nécessite aussi la contribution de toute la société, car le risque de non transmission aux générations futures est réel. Plus que jamais, le ca trù a besoin d’une protection de la part de l’ensemble de la société pour ne pas tomber dans l’oubli.

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