Le gouvernement vient de publier un arrêté sur l’évaluation et l’attribution des titres d’Artisan/Artiste du peuple et d’Artisan/Artiste émérite aux citoyens vietnamiens qui se consacrent à l'enseignement et à la valorisation des patrimoines culturels immatériels.

Chant Xoan de la province Phu Tho

Texte qui pourrait faciliter le travail des jurys chargés d’honorer ces artistes et artisans.

La rédaction de l'arrêté gouvernemental N°62 a commencé il y a 12 ans. Mais pour de nombreuses raisons, il n’a vu le jour que récemment. Il a pour but de reconnaître et de mettre en valeur les nombreuses contributions des artistes dans la préservation des trésors culturels nationaux.

Pourtant, certaines règles de l'arrêté sont difficilement applicables. Par exemple, il est difficile de faire un inventaire des réalisations de tous les artistes élus. Il faut aussi tenir compte des prix déjà reçus, de la quantité d’élèves des artistes et de leurs successeurs. D'après le chercheur Bùi Trong Hiên, beaucoup d’artistes dans le domaine des arts traditionnels n’ont pas de successeurs et ils ne sont pas suivis par un large public. C’est le cas de l'artiste Nguyên Phú Ðe, chanteur de «ca trù» (chant des courtisanes) de l’ancienne génération. Le grand nom de cet art traditionnel n’a jamais été distingué dans sa carrière. Comment pourrait-il répondre aux normes choisies pour le titre sacré ?

Toujours selon le chercheur Bùi Trong Hiên, la règle exige aussi que l’«Artiste du peuple» doit être «Artiste émérite». C’est très difficile pour les maîtres de 80-90 ans qui œuvrent dans le folklore traditionnel. Ils ne peuvent pas prouver leurs contributions à la préservation et à la valorisation des trésors culturels traditionnels afin de décrocher le titre.

En outre, les artistes âgés, en particulier les artistes issus de minorités ethniques qui sont analphabètes, ne peuvent pas remplir les formalités nécessaires à l’obtention de l’un ou l’autre de ces titres. Selon le chercheur et critique musical Nguyên Quang Long, «ces formalités sont trop complexes pour les artistes âgés, vivant dans les régions rurales » !

D’une manière générale, pour que l'arrêté gouvernemental soit mis en œuvre efficacement, il serait nécessaire d’avoir plus de circulaires et de directives complémentaires. En outre, le texte devrait être plus clair concernant les règles sur l’assurance santé et les conditions matérielles qui permettraient aux artistes de réaliser leurs cours.

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