L’exposition sur les hauts plateaux du Centre (Tây Nguyên) dans les années 1950 s’est ouverte le 10 juillet au Musée d’ethnographie du Vietnam, à Hanoi, et durera six mois. Deux cents photographies de Jean-Marie Duchange prises entre juin 1952 et juillet 1955 y sont présentées.

Dans son discours au vernissage, Évelyne Duchange, fille de Jean-Marie Duchange, s’est réjouie de voir ainsi exposés les clichés de son père décédé ainsi que les habitations du Tây Nguyên présentées dans le parc du Musée d’ethnographie du Vietnam.

En écho au 40e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques Vietnam-France, cette manifestation, qui a reçu le soutien de l’Institut français de Hanoi, est le fruit d’un partenariat entre le musée vietnamien et la famille de Jean-Marie Duchange, surtout sa fille Évelyne et sa petite-fille Nadège Bourgoin qui ont offert ces photos au musée.

«Plus de 60 ans après, les photographies du Tây Nguyên de Jean-Marie Duchange sont toujours aussi impressionnantes, notamment celles des minorités ethniques en habits traditionnels, de maisons sur pilotis, de maisons communes, de tombeaux, de joueurs de gongs, de scènes de pilage du riz, de tissage de la brocatelle, des fêtes de sacrifice du buffle, des portraits de femmes et jeunes filles…», a déclaré Vo Quang Trong, directeur du Musée d’ethnographie du Vietnam.

D’après lui, ces photographies, de très haute qualité technique et esthétique, montrent la vie quotidienne des populations du Tây Nguyên. «Ce don contribuera à l’enrichissement du fonds documentaire du musée sur cette région et sera d’une grande utilité pour les expositions futures», a-t-il expliqué.

Jean-Marie Duchange est né à Saint Nazaire (Ouest de la France) en 1919. Agent de santé communautaire sur les hauts plateaux du Centre entre 1952 et 1955, il illustre ses missions de magnifiques images.

Il a déclaré : «Je tiens à préciser que je ne suis ni ethnologue, ni photographe… Alors je me suis lancé. J’ai fait venir de France des bouquins d’initiation, des cuves de développement, un agrandisseur et tout le matériel allant avec et surtout un appareil reflex 6x6 bi-objectif…

Après quatre ans d’activités guerrières, j’ai quitté l’armée pour entrer pour trois ans à la Direction de la santé publique des populations montagnardes du Sud Indochinois. Et c’est ainsi que, pendant trois ans, j’ai parcouru la presque totalité des cinq régions composant ce territoire, en jeep, à pied, en pirogue ou encore à dos d’éléphant… Je photographiais pour le plaisir, pour mon plaisir».

Ces photographies, conservées aujourd’hui au Musée du quai Branly à Paris et à celui d’ethnographie du Vietnam à Hanoi, sont d’inestimables témoignages sur les populations de cette région dans les années 1950.

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