Deux jours en baie de Ha Long
Mettre à jour: 17 Juin 2014
Remous des vagues, paysages grandioses, air marin, tous les ingrédients d’un voyage réussi sont réunis. Durant un week-end, deux Français, Élise et Denis, sont partis à la découverte de la très touristique baie de Ha Long.

Les deux explorateurs en herbe de 22 et 38 ans se sont rencontrés dans l’avion qui les a mené il y trois semaines au Vietnam. Devenus bons amis, ils ont décidé de partager ensemble cette odyssée à travers les rochers qui composent la baie. Départ samedi matin de Hanoi direction Cat Bà. Après cinq heures de trajet, ils arrivent à l’autre bout de l’île et embarquent sur un petit bateau à moteur nommé Thang Loi, comprenez «victoire», pour deux jours de balade en mer sans poser le pied à terre.

À bord, Thuyêt et Ngoc, deux Vietnamiens, seront leurs colocataires et leurs guides. Thuyêt, 48 ans, tient la barre. Ce natif de Hôi An travaille depuis les années 2000 sur un bateau et fait visiter la baie aux touristes. Avant, il était manager dans un hôtel mais ce travail lui convient mieux : «Je me sentais trop fatigué. Sur le bateau, je peux admirer les montagnes». Côté navigation, pour lui, ce n’est un problème de se repérer parmi les 1969 îles qui composent la baie. «Avec l’expérience, j’ai appris à connaître le chemin. La première fois que j’ai parcouru les lieux, je me suis baladé à travers les montagnes avec un tout petit bateau afin de pouvoir passer partout», explique-t-il de son anglais approximatif.

Le bateau à moteur de Thuyêt, qu’il a acquis il y a trois mois, peut accueillir jusqu'à vingt visiteurs en journée et quatre ou cinq personnes pour la nuit. Quand il ne s’active pas dans le petit espace qui lui sert de cuisine, Ngoc, lui, aime se reposer sur une des deux banquettes du petit navire en admirant le paysage, cigarette à la bouche. Trop vieux pour travailler seul, ce natif de Cat Bà possédait son propre bateau de tourisme qu’il a vendu pour rejoindre Thuyêt. Le petit homme à l’air malicieux ne parle pas anglais mais Denis, Vietnamien d’origine, fait la traduction. Au grès des criques et des îlots Élise et Denis découvrent l’histoire de la baie de Ha Long qui compte parmi les sept Nouvelles Merveilles naturelles du monde. «Ici, un bateau français s’est fait bombardé pendant la guerre», explique Ngoc.

La descente du dragon

À bord du Thang Loi, Thuyêt (gauche) et Ngoc font équipe depuis peu.

La baie de Ha Long, également inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO, aurait été créée par la chute d’un dragon dans la mer, explique Thuyêt. Et pour cause, Ha Long en vietnamien signifie «descente du dragon». En sillonnant la mer au milieu de ces immenses roches tachetées de vert qui semblent suspendues sur les eaux, les deux explorateurs prennent conscience de la fragilité de la vie face à une nature grandiose.

Durant la traversée, des pauses sont organisées afin que nos deux Français puissent explorer les lieux de plus près en canoë et ainsi profiter du spectacle de petits singes jouant entre eux dans les arbres d’un des îlots ou se faire quelques frayeurs, en traversant une des nombreuses grottes qui permet de passer sous ces montagnes. Le tout, en débarquant de temps à autre sur une petite plage de sable. Samedi soir, les deux amis ont pu participer à un karaoké organisé dans une maison sur pilotis. Si ce n’est le mal de mer et l’impossibilité de se laver pendant deux jours, l’expérience s’avère plutôt positive.

Élise et Denis sont rentrés dimanche à Hanoi des souvenirs plein la tête. «Je ne suis pas déçue. J’avais vu des photos de la baie et ça m’avait donné envie d’y aller. Je suis agréablement surprise car je pensais qu’il y aurait plus de touristes. Ce qui m’a particulièrement marqué ce sont les planctons +magiques+ qui s’allument la nuit dans la mer lorsqu’on la remue, le canoë aussi qui permet de se sentir un peu plus partie intégrante du paysage», confie l’étudiante en médecine venue au Vietnam faire un stage. Pour Denis, même constat : «C’est magique, un endroit féerique, malgré la pollution, ça reste un lieu impressionnant. Une certaine majesté se dégage des rochers».

Source: CVN