La maison de 400 ans de la famille de M. Nguyên Van Hùng, du village Duong Lâm (Hanoi), a reçu le Prix du Mérite de l’UNESCO (Award of Merit) dans le cadre des prix de préservation du patrimoine culturel de l’Asie-Pacifique 2013.

Elle figure parmi les cinq maisons du projet de préservation de maisons anciennes de Duong Lâm qui bénéficie du soutien financier de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), lequel a pour objet de conserver l’architecture des maisons tout en permettant à ses occupants d’y vivre plus confortablement.

«Je suis de la 12e génération de ma famille à vivre dans cette demeure, et je suis profondément conscient de ma responsabilité pour préserver la maison que j’ai hérité de mes ancêtres", a confié M. Hùng.

Construite sous la dynastie des Lê, cette maison de cinq pièces et d’une superficie de 420m² est typique de l’architecture de la campagne du delta du fleuve Rouge d'autrefois. Son toit est couvert de tuiles Yin-Yang. La véranda fait 1,2 m, l’équivalent de la dimension d’une natte. Le mur, les portes et les colonnes sont en bois de giroflier et d’érythrophlaeum. Elle est dans un état de conservation assez bon, bien qu’une partie de la maison ait été détruite par des insectes xylophages.

"En 2008, la situation s’est dégradée de manière inquiétante. Les représentants du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme et de la JICA sont venus examiner les lieux, puis ont décidé de procéder à une restauration en respectant l’architecture initiale et à restituer les détails endommagés", a expliqué M. Hùng. 

Les spécialistes japonais ont demandé un démontage complet de la maison pour évaluer la qualité des pièces de bois. S’agissant du toit, les 24.000 tuiles anciennes ont été réutilisées, seules 6.000 nouvelles ont été utilisées.

"J’étais très surpris. Après la restauration, presque rien n’avait changé. D’après les estimations de l’UNESCO, la restauration de cet ouvrage est l’un des plus grands succès du projet puisque 90 % de la maison est originale. Il faut saluer l’immense travail des bénévoles japonais qui ont travaillé avec nous pendant trois mois et demi", a raconté Hùng.

"Les spécialistes de la JICA nous ont aidé non seulement à préserver notre maison, mais ils nous ont aussi initié à faire du tourisme, à présenter les spécialités du village et préparer des repas pour les visiteurs. Ils nous ont enseigné à faire de la cuisine végétarienne japonaise et à préparer des plats occidentaux. La JICA promeut un tourisme durable en privilégiant les services traditionnels. Ce sont un tas de pommes, des jarres de tuong (sauce de soja) et des jarres d’alcool dans la cour qui peuvent susciter l’intérêt des touristes", a expliqué M. Hùng.

Les politiques de la JICA sont activement soutenues par les gens de Duong Lâm. Et les résultats sont très encourageants : il y a des jours où le village a reçu des centaines de touristes et, séduits par la culture locale originale, plusieurs ont demandé à rester vivre un peu plus longtemps avec leur famille hôte.

"Les touristes apprécient particulièrement de découvrir la vie de leurs hôtes. Au fur à mesure, nous améliorons nos services. Aujourd’hui, ma famille a signé des contrats avec une vingtaine d’agences de voyages. En haute saison, nous devons mobiliser toute la famille pour servir nos clients", a confié M. Hùng.

"Continuer à préserver des maisons anciennes, un trésor inestimable transmis de génération en génération, est un devoir indiscutable pour tous les villageois de Duong Lâm", a souligné M. Hùng.

Source: AVI