La province de Quang Nam a réussi à proposer des vacances solidaires, responsables et participatives. Ses expériences incitent d'autres localités à découvrir ces nouvelles formes de tourisme.

La province de Quang Nam (Centre) connaît des succès remarquables dans la mise en oeuvre du modèle de tourisme solidaire. Plusieurs villages de Quang Nam tels Trà Quê, Trà Nhiêu, la péninsule de Son Trà et surtout la ville de Hôi An se sont forgés une solide réputation auprès des touristes pour les circuits d'un "autre tourisme" : celui qui privilégie l'implication des populations locales dans les différentes phases du projet touristique et une répartition plus équitable des ressources générées. 


Le village de Trà Quê (commune de Câm Hà), à 3 km de la ville de Hôi An, est spécialisé dans le maraîchage. Ici, 130 familles cultivent des légumes et proposent des services touristiques. Trà Quê possède tout le charme que l'on peut attendre d'un village vietnamien : des rizières, des jardins, des maisons à toitures rouges, et notamment des paysans laborieux et sympathiques. 


Le bonheur est dans le jardin 


Ce patelin attire beaucoup de touristes étrangers qui y viennent dans le cadre du tour "Maraîcher d'un jour", proposé par Hôi An Travel. Ils s'y rendent à vélo, accoutrés de vêtements marron et de chapeaux coniques comme les horticulteurs locaux. Les maraîchers présentent aux visiteurs leur label de "légumes propres", leurs méthodes de culture. 


Dans son jardin, le maraîcher Lê Van Bay accueille 2 touristes néerlandais qui ont pédalé de Huê jusqu'au village de Trà Quê pour "devenir maraîcher en une journée". Il fait savoir que les horticulteurs de son village n'ont pas recours aux insecticides, que les substances dites "nutritives" des légumes de Trà Quê proviennent des plantes aquatiques qui pullulent dans le fleuve Cô Co.


Sous le soleil estival, le maraîcher Lê Van Bay et ses 2 "apprentis agriculteurs" néerlandais dont les vêtements sont trempés de sueur, continuent leur travail. Après avoir biné 2 planches, enfoui des plantes aquatiques dans le sol, planté des légumes, ils arrosent les plantes. Terminant les travaux champêtres, les maraîchers sont récompensés par 30 minutes de relaxation au cours desquelles ils laissent tremper leurs pieds dans un liquide d'huiles végétales, puis savourent un repas avec comme aliments principaux, les légumes de Trà Quê. 


Au village de Trà Quê, les maraîchers participant aux activités touristiques comme Lê Van Bay touchent chacun 50.000 dôngs par tour. Selon le contrat souscrit avec l'agence de voyage, ces paysans servent de guide aux touristes visitant le village et plantent les légumes avec eux. Lê Van Bay fait savoir qu'il vient d'aménager le second jardin pour accueillir les touristes. Depuis le lancement de ce tour, il a nettement plus de choses à faire, pour son plus grand plaisir ! Chaque jour, il accueille quelques groupes de touristes et gagne des centaines de milliers de dôngs.


À Trà Quê, pour assurer la qualité du produit touristique, un soin particulier a été apporté aux lieux d'hébergement et restaurants. Les légumes pour le déjeuner des touristes sont préparés par des cuisiniers chevronnés. "Résultat, la plupart des touristes ayant participé à ce tour sont satisfaits", affirme Nguyên Trong Tuân, vice-directeur de Hôi An Travel, opérateur du tour " Être maraîcher en une journée".


Un autre modèle de tourisme solidaire est présenté au village de Trà Nhiêu (commune de Duy Vinh, district de Duy Xuyên. Ce village se situe au milieu des rizières, des terrains de culture de souchet destiné au tissage des nattes et notamment d'une forêt de nipa (cocotier aquatique) de 10 ha. 



Voyager au plus près des habitants locaux 


En passant la porte du village, les visiteurs peuvent contempler la vie rurale avec le métier de tissage des nattes, transmis de génération en génération. Les artisans ont conservé les procédés de production traditionnelle : la culture, la récolte des souchets, le séchage, la teinture et le tissage. Le couple sexagénaire Nguyên Van Tân et Khuong Thi Lâp pratique ce métier depuis leur enfance. Ils sont ravis d'accueillir la visite des touristes étrangers et domestiques. "Avec l'arrivée des visiteurs à Trà Nhiêu, les villageois ont davantage pris conscience de la nécessité de sauvegarder leur métier traditionnel, d'embellir les maisons, monuments, ainsi que de protéger l'environnement", constate le vieil artisan Nguyên Van Tân. 


Accueillant des voyageurs depuis seulement 2 mois, Trà Nhiêu enregistre déjà des centaines de groupes de visiteurs, selon le chef du village, Nguyên Tân Thuât. Les étrangers se complaisent à voir la beauté d'un village typique du Vietnam qui n'a pas subi de déformation en dépit des pressions de l'urbanisation. Devant ce premier succès, la commune de Duy Vinh a investi dans les infrastructures et organisé des cours de formation aux habitants sur la façon d'accueillir et de servir les touristes. "Visiter Trà Nhiêu est un nouveau tour qui fait partie du plan de développement du tourisme de la province de Quang Nam", indique Dinh Hài, directeur du Service provincial de la Culture, des Sports et du Tourisme.


À Hôi An, le tour "Apprendre le métier de pêcheur" est organisé au village de Thanh Nam - Côn Chài. Participant à ce programme, 2 touristes suivent scrupuleusement les consignes du pêcheur qui les accompagne afin d'apprendre à ramer, à lancer le filet... Les touristes s'intéressent à ce tour car ils travailleront et prendront le déjeuner avec leur bienfaiteur. À l'issue d'une matinée bien remplie sur le cours d'eau, les participants préparent les plats avec les poissons et crevettes qu'ils viennent de pêcher et dégustent ces mets dans une ambiance dont seule la campagne a le secret. 

À partir des expériences de ces villages pratiquant le tourisme solidaire, la province de Quang Nam prévoit, selon le vice-directeur du Département de voyage (Administration nationale du tourisme), Nguyên Anh Tuân, "de redorer le blason d'autres villages de métier et de développer ce modèle touristique dans d'autres localités reculées et les régions des ethnies minoritaires". 

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