Mettre à jour: 06 Octobre 2009
Les Pháp lam, produits en or, argent ou bronze ayant leurs surfaces émaillées et cuits au four sont des objets spéciaux à forte valeur patrimoniale. Ils  étaient utilisés comme ustensiles ménagers par les familles royales, objets de décoration intérieure et extérieure dans les palais et les tombeaux sous la dynastie des Nguyên (1802-1945). 

La technique de fabrication de ces objets a été introduite au Vietnam au début du 19e siècle. Le roi Minh Mang a envoyé à Guangdong (Chine) un groupe de peintres chargés de décorer les palais royaux pour apprendre cette technique. En 1827, certains ateliers ont vu le jour à Dông Hoi (dans l'actuelle province  de Quang Binh, Centre) avec la tâche de fournir les familles royales. Ces articles émaillés ont une grande valeur artistique et résistent aux intempéries. La technique est une combinaison des savoir-faire des fabricants de bijoux, de porcelaine, de gravure sur métal, etc.

Les articles émaillés de Huê pour la décoration extérieure des palais et des tombeaux sont illustrés de dragons, de nuages, de fleurs et de feuilles..., et ceux pour la décoration intérieure et les objets cultuels de dessins de fleurs et de feuilles, des quatre animaux sacrés (dragon, licorne, tortue et phénix), des huit armes de main, de montagnes et rivières, etc. Les objets de culte sont souvent de couleur rouge, jaune, blanc et vert, les ustensiles ménagers tels que bol, assiette, tasse, boîte, plateau, pot de vin et un pot à chaux sont indigo, violet, bleu foncé et brun clair.

En outre, il y a encore des articles émaillés commandés par les rois Nguyên à Guangdong (Chine), Sèvres (France) et Spode (Bretagne), qui étaient ornés de l'emblème du roi. Ceux pour la décoration des palais royaux, des tombeaux et des temples de la Cité impériale de Huê ont résisté à l'épreuve du temps, conservant leurs couleurs vives.

Les objets émaillés de Huê ont prospéré sous le règne du roi Thiêu Tri (1841-1847) mais ils ont périclité sous celui du roi Tu Duc (1847-1883). Malgré des hauts et des bas, ils ont créé une empreinte unique. De 1885 jusqu'en 1945, sous les règnes des rois Dông Khanh et Bao Dai, ils ont presque disparu.

Après plus d'un siècle dans l'oubli, depuis que la Cité impériale de Huê a été reconnue en 1993 par l'UNESCO comme patrimoine culturel mondial, certains projets de recherche et de la restauration ont été réalisés. Les chercheurs du Centre de Conservation des Monuments de Huê ont fait des études approfondies sur la céramique émaillée. Les produits émaillés restaurés par le Dr Nguyên Nhân Duc, l’Agrégé Dô Huu Triêt, l’architecte Nguyên Van Binh, les peintres Nguyên Thê Son et Lê Phuoc Tân ont été utilisés dans la restauration de monuments.

La S.A.R.L de Thai Hung, détenue en copropriété par l’Agrégé Dô Huu Triêt et ses collaborateurs, a produit des objets en utilisant les techniques de fabrication d'émaux et de laques, contribuant ainsi à restaurer un artisanat qui était condamné à disparaître
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