Les chapeaux coniques
Mettre à jour: 03 Septembre 2009
Depuis des siècles, le nón lá (chapeau conique tissé à partir de feuilles de palmier) est l’objet quotidien des femmes vietnamiennes. L'image du nón lá fulgure même sur des objets anciens tels que tambours de bronze de Ngoc Lu et jarres de bronze de Dào Thinh, datés de 2500 à 3000 ans.


Avec le temps, le nón lá a subi de nombreux changements en termes de style et de matériaux. À l'origine, le nón lá était tissé et tressé. Ce n'est qu’au 3e siècle av. JC, quand le fer a été utilisé, que les gens ont commencé à utiliser des aiguilles pour coudre les feuilles du nón lá.

Les matériaux pour la fabrication sont des plus simples, le principal étant des feuilles et des fibres du palmier Moc (ces derniers maintenant remplacés par des fils de nylon). L’armature est en bambou. Tout d'abord, les artisans doivent traiter les feuilles en les plaçant à plat sur une plaque de fer chaud et en les pressant avec une poignée de tissu à une température précise, afin de ne pas les brûler. Une température insuffisante ne permettra pas d'atteindre la planéité nécessaire. Les feuilles sont fumées avec du soufre pour qu’elles se décolorent à blanc et soient résistantes à la moisissure. Les bambous sont coupés dans le sens de la longueur pour faire des armatures, puis fumés pour résister aux termites et autres insectes xylophages.

Il y a beaucoup de villages spécialisés dans la fabrication des chapeaux coniques dont Chuông, district de Thanh Oai, Hanoi, célèbre pour ses produits de qualité. Les chapeaux coniques du village sont formés de 16 cerceaux. Leur nombre est resté inchangé depuis bien longtemps. La beauté du nón lá dépend beaucoup de l'habileté des artisans.

Il existe de nombreuses sortes de nón lá, tels que le nón thung rông vành (panier en forme de chapeau conique), le nón ba tâm (chapeau plat de palme à franges). Un miroir est parfois attaché à l'intérieur du nón lá. Sous les feuilles d'une blancheur presque transparente, on glisse parfois un poème populaire, ou encore l'image d'un temple, d'un palais ou d'une pagode. Ce type de nón lá est appelé nón Bài tho.

Le nón lá se marie à la perfection avec la tunique traditionnelle à 4 pans ou Áo dài. Coiffée de ce chapeau, les Vietnamiennes deviennent plus douces, plus élégantes et plus sensibles. On le porte pour aller aux travaux champêtres, au marché ou pour participer à des fêtes.

Dans les spectacles, la danse aux chapeaux conique avec l’Áo dài rehausse la douceur, la féminité et la grâce des Vietnamiennes.

Presque tous les Vietnamiens se sentent proches et éprouvent un profond attachement envers le nón lá, emblématique de leur culture.
Source: Vietnam Illustré