Thierry Posty, un Français de 51 ans, est arrivé récemment à Hanoi. Un baroudeur qui a déjà à son actif 65 400 km de pistes et de routes aux 4 coins du monde. Son but : traverser le Vietnam... à cheval bien sûr.


Quand il ne voyage pas, Thierry Posty exerce le métier de psychologue. Mais tous les 3 ans, immanquablement, il ferme son cabinet pour repartir sur les pistes du monde. "Chaque coin du globe a un charme particulier. Je veux découvrir le monde à ma manière, à cheval, et pas autrement", confie cet amoureux de la nature qui a choisi dès son enfance sa façon à lui, un peu désuète pourrait-on dire mais ô combien romanesque, de parcourir le monde. C'est à 18 ans qu'il a fait son premier périple équestre. Et depuis, il a accumulé les kilomètres et traversé plus de 100 pays et territoires : France, Mongolie, Maroc, Mexique, États-Unis, Cuba, Afrique du Sud, Zimbabwe, Namibie, Macédoine, Japon… "Je suis fier d'avoir laissé mes traces un peu partout sur les 5 continents". Lors de son dernier voyage, Thierry a parcouru Chili, Argentine, Équateur, Jamaïque et Dominique. "Partout où je suis passé, j'ai été reçu chaleureusement et j'ai bénéficié de l'aide désintéressée des habitants locaux, que ce soit en ville, à la campagne ou en montagne. Parfois on m'offrait le gîte, parfois ma monture avait droit à sa botte de paille. Le cheval a l'avantage de faciliter les contacts et d'attirer immédiatement la sympathie, bref d'effacer les barrières".

Lors de son premier périple, il avait pris soin d'emporter avec lui une tente et un sac de couchage. Ce qui a obligé le "pauvre cheval" à se coltiner 10 kg de plus. "Le premier soir, se souvient-il, je m'arrête devant une ferme et demande au propriétaire la permission de monter ma tente dans son champ. Il refuse. Mais à la place, il m'offre le gîte et le couvert. Des situations semblables, j'en ai connu beaucoup les jours suivants. Et j'ai fini par offrir le sac de couchage à un SDF qui en avait sûrement plus l'utilité que moi !"

Cartes en main et cheveux au vent

Avant d'entamer un voyage, Thierry Posty cherche à se procurer sur place un ou 2 chevaux. Actuellement, il cherche à acheter ou louer un ou 2 d'au moins 1,60 m au garrot. Dans ses sacoches, il emporte des provisions et aussi des médicaments pour son "compagnon de route à 4 pattes". Sans oublier des cartes topographiques aussi précises que possible, car pas question bien sûr d'emprunter les nationales. "Je ne veux pas utiliser de GPS, mais une simple carte. Et ensuite je demande mon chemin aux autochtones. Vraiment, je suis heureux de discuter avec eux. Ils sont sympas et toujours prêts à me montrer le chemin".

Normalement, notre cavalier fait 40 km par jour. Parfois, sur des pistes difficiles, il met pied à terre, histoire de soulager son fidèle destrier. Qui veut aller loin ménage sa monture, dit un proverbe.

Cet aventurier des temps modernes a encore une autre particularité : il part avec ses propres deniers et refuse l'aide des sponsors. "Une compagnie de fast-food a voulu m'accorder une enveloppe de 15.000 dollars par voyage. En contrepartie, je n'avais qu'à citer son nom lors de mes rencontres avec la presse. Mais, j'ai refusé, pour une simple raison : l'argent est important, mais il risque de vous ôter la liberté". Et d'ajouter : "Mon sponsor le plus important est l'amitié que je reçois de la part des gens que je rencontre".

Bien que Thierry Posty ait visité à maintes reprises l'Asie, c'est la première fois que ses bottes de cow-boy foulent le sol vietnamien. "J'ai beaucoup entendu parler de votre pays. J'espère que ce voyage me permettra de mieux comprendre ses habitants, qui m'ont l'air si hospitaliers". Souhaitons-lui en tout cas bonne chance dans sa quête, pas forcément aisée, des pistes et sentiers tranquilles filant plein Sud, vers l'immense delta du Mékong.
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